Les données à cinq ans renforcent l’intérêt du double blocage des points de contrôle immunitaire

Une analyse à cinq ans de l’essai de phase 2–3 RELATIVITY-047 a montré que l’association du relatlimab au nivolumab continuait de faire mieux que le nivolumab seul chez les personnes atteintes d’un mélanome métastatique ou non résécable.

L’analyse évaluée par les pairs, publiée dans Nature Medicine, fournit le suivi le plus long à ce jour de l’étude pivot ayant fondé l’autorisation de l’association. Avec un suivi minimal de 57,3 mois, les chercheurs ont indiqué que le schéma à deux médicaments conservait un bénéfice cliniquement significatif en survie sans progression, survie globale et survie spécifique du mélanome.

Le mélanome métastatique ou non accessible à une résection chirurgicale reste difficile à traiter. L’immunothérapie a transformé la prise en charge en aidant le système immunitaire à reconnaître et attaquer les tumeurs, mais tous les patients ne répondent pas et la durée du bénéfice demeure une question centrale. Les résultats à long terme sont importants car un écart précoce peut se réduire avec le temps ; dans cette étude, les chercheurs rapportent que les courbes de survie sont restées séparées.

Déroulement de l’étude

RELATIVITY-047 était une étude randomisée en double aveugle menée chez des patients atteints d’un mélanome métastatique ou non résécable. Les participants ont été répartis selon un ratio 1:1 pour recevoir soit 480 mg de nivolumab plus 160 mg de relatlimab, soit 480 mg de nivolumab seul, par voie intraveineuse toutes les quatre semaines.

Le groupe combiné comprenait 355 participants, tandis que 359 recevaient le nivolumab seul. Le critère principal était la survie sans progression, évaluée par une revue centrale indépendante en aveugle. Les critères secondaires incluaient la survie globale, la réponse et la sécurité. La nouvelle analyse incluait aussi la survie spécifique du mélanome et des analyses exploratoires de biomarqueurs.

La mise en aveugle et la revue indépendante sont importantes dans les essais en oncologie car elles réduisent le risque que les attentes liées au traitement influencent l’évaluation de la progression. Le rapport à cinq ans fournit donc une vision plus mature des résultats du même essai, et non une preuve issue d’une autre comparaison.

Ce que montrent les résultats à cinq ans

Le hazard ratio rapporté pour la survie sans progression était de 0,77 pour l’association contre le nivolumab seul, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,65 à 0,92. Pour la survie globale, il était de 0,78, avec un intervalle de 0,64 à 0,95. La survie spécifique du mélanome avait un hazard ratio de 0,71, avec un intervalle de 0,57 à 0,88.

Des hazard ratios inférieurs à 1 favorisent l’association dans ces comparaisons. En pratique, les résultats indiquent un risque relatif plus faible de l’événement mesuré pendant le suivi chez les patients recevant relatlimab plus nivolumab que chez ceux recevant nivolumab seul. Les intervalles de confiance rapportés ne franchissaient pas 1 pour ces critères.

Les auteurs décrivent l’analyse comme montrant les plus grandes différences absolues à ce jour en survie sans progression, survie globale et survie spécifique du mélanome. Cette distinction est importante : la survie sans progression mesure le temps avant progression ou décès ; la survie globale mesure le décès quelle qu’en soit la cause ; et la survie spécifique du mélanome se concentre sur les décès attribués au cancer.

Sécurité et biomarqueurs restent au cœur de l’analyse

Un suivi plus long est également essentiel pour évaluer la sécurité des traitements qui activent le système immunitaire. Les chercheurs ont indiqué que le profil de sécurité restait cohérent avec les observations antérieures. Le texte fourni ne détaille pas les taux d’événements indésirables ; le nouveau rapport ne doit donc pas être interprété comme établissant l’absence de charge thérapeutique supplémentaire. Il indique plutôt qu’aucune modification du profil général de sécurité n’a été mise en avant dans le résumé à cinq ans.

La publication comprend aussi des analyses exploratoires de biomarqueurs. Ceux-ci peuvent aider à expliquer pourquoi certaines tumeurs ou certains patients bénéficient davantage du traitement, mais le résumé ne fournit pas assez de détails pour tirer des conclusions sur la sélection thérapeutique. Leur présence montre néanmoins que l’étude cherche à comprendre la biologie de la réponse.

Pourquoi le suivi compte

L’association est déjà approuvée dans le mélanome avancé sur la base de RELATIVITY-047. Les nouvelles données n’introduisent pas un nouveau traitement, mais renforcent la maturité des preuves concernant une option existante. Pour les cliniciens et les patients qui évaluent les approches d’immunothérapie, la persistance du bénéfice après au moins 57,3 mois de suivi constitue un élément important de cette base de données.

Les résultats d’un essai contrôlé doivent être interprétés dans le contexte de la population et du schéma étudiés. L’article ne prétend pas que tous les patients bénéficieront de manière égale du traitement et les informations fournies ne déterminent pas quels patients devraient le recevoir. Elles montrent toutefois que, dans cette comparaison randomisée, l’avantage du relatlimab plus nivolumab sur le nivolumab seul restait visible à cinq ans.

À mesure que le traitement du mélanome évolue, les résultats durables et des données plus claires sur les biomarqueurs seront essentiels pour déterminer l’utilisation des immunothérapies combinées. RELATIVITY-047 constitue désormais une référence à long terme : l’ajout du relatlimab au nivolumab a été associé à des améliorations persistantes de plusieurs mesures de survie, tandis que le profil de sécurité rapporté restait cohérent avec les observations précédentes.

Cet article s’appuie sur un reportage de Nature Medicine. Lire l’article original.

Originally published on nature.com