Une vaste étude relie l’obésité au début de l’âge adulte à une incidence accrue du cancer
L’obésité entre 20 et 39 ans a été associée à un risque accru de cancer au cours de la décennie suivante dans une vaste étude menée en Corée. Les résultats nourrissent les inquiétudes concernant les cancers précoces, mais établissent une association et non une preuve de causalité.
Dirigée par le Dr Jae-Seung Yun de The Catholic University of Korea à Séoul, l’étude a suivi plus de 6 millions d’adultes âgés de 20 à 39 ans pendant environ dix ans. Les participants étaient en bonne santé au début. L’étude a été publiée le 27 octobre dans Annals of Internal Medicine.
Le cancer est apparu en dix ans chez 1,8 % des personnes de poids normal, contre 2,2 % chez les personnes obèses et 2,6 % chez celles présentant une obésité plus sévère. Ces chiffres décrivent la population étudiée et ne prédisent pas le risque individuel.
La graisse abdominale également associée à des taux plus élevés
L’analyse ne portait pas uniquement sur le poids total. Elle examinait aussi l’excès de graisse abdominale, souvent appelé obésité centrale. Selon le rapport, les participants concernés présentaient les taux globaux de cancer les plus élevés.
Ce résultat suggère que les profils de risque peuvent être liés à la répartition de la graisse autant qu’aux catégories de poids. Il ne permet pas à lui seul d’expliquer ces profils ni les mécanismes biologiques impliqués.
Les associations les plus fortes concernaient les cancers de la thyroïde, de l’endomètre et de l’ovaire. L’analyse n’a pas trouvé d’association statistiquement significative avec le cancer du sein. Les différences entre cancers rappellent qu’il ne s’agit pas d’une maladie unique.
Ce que l’étude peut et ne peut pas montrer
Son ampleur constitue un atout majeur. Le suivi de plus de 6 millions de jeunes adultes pendant environ dix ans offre une base importante pour comparer l’incidence selon le poids et la graisse abdominale. Le bon état de santé initial aide également à se concentrer sur les diagnostics ultérieurs.
Il s’agissait toutefois d’une étude observationnelle. Les auteurs ont indiqué qu’elle ne pouvait démontrer un lien de cause à effet et ont relevé des limites, notamment l’absence de données détaillées sur le tabagisme. Des informations incomplètes rendent plus difficile la distinction entre différents facteurs de risque.
Le rapport ne dit pas non plus si une perte de poids volontaire réduirait le risque de cancer. Les chercheurs estiment que d’autres études sont nécessaires. Une association observée ne permet pas automatiquement de conclure sur une intervention donnée.
Pourquoi le début de l’âge adulte attire l’attention
Le début de l’âge adulte est souvent considéré comme une période où les risques de maladies chroniques graves restent éloignés. Cette étude suggère que les habitudes de santé entre 20 et 39 ans peuvent être pertinentes pour l’incidence du cancer au cours de la décennie suivante.
Le message de santé publique n’est pas que le poids détermine seul la santé future, mais que la gestion du poids mérite une attention précoce. Toute décision personnelle concernant le poids, le dépistage ou le traitement doit être prise avec un professionnel qualifié.
À retenir
- L’étude a suivi plus de 6 millions d’adultes coréens âgés de 20 à 39 ans pendant environ dix ans.
- L’incidence à dix ans était de 1,8 % avec un poids normal, 2,2 % en cas d’obésité et 2,6 % en cas d’obésité plus sévère.
- L’excès de graisse abdominale était associé aux taux globaux les plus élevés.
- Les cancers de la thyroïde, de l’endomètre et de l’ovaire présentaient certaines des associations les plus fortes.
- Les résultats sont observationnels et ne prouvent ni la causalité ni l’effet protecteur d’une perte de poids.
L’étude apporte des données importantes sur la population dans le contexte de l’attention croissante portée aux cancers précoces. Elle clarifie à la fois le signal et l’incertitude : l’obésité et la graisse abdominale étaient associées à une incidence plus élevée, mais les mécanismes et les effets des interventions restent à étudier.
Cet article s’appuie sur un article de Medical Xpress. Lire l’article original.
Originally published on medicalxpress.com







