Le conflit autour du catalogue d’Elvis ajoute une nouvelle affaire de droits d’auteur liés à l’IA
Authentic Brands Group, l’organisation qui détient les droits sur la musique et l’image d’Elvis Presley, a poursuivi Anthropic. Elle affirme que l’entreprise a utilisé 274 chansons de Presley pour entraîner ses modèles sans autorisation.
La plainte déposée vendredi concerne notamment Can’t Help Falling in Love, All Shook Up et A Little Less Conversation. Les demandeurs réclament 150 000 dollars pour chaque titre prétendument contrefait, soit environ 41 millions de dollars pour les 274 chansons.
Les accusations n’ont pas encore été tranchées, mais l’affaire ajoute un catalogue très connu au conflit juridique sur les contenus utilisés pour entraîner l’IA.
Ce qu’affirme la plainte
Selon la plainte, Anthropic aurait utilisé des œuvres de Presley pour entraîner son modèle Claude. Elle affirme également que Claude a généré du contenu de chansons protégé par le droit d’auteur et que les mesures destinées à limiter ces sorties ont été inefficaces.
Ces accusations s’inscrivent dans une question plus vaste : le développement des modèles nécessite-t-il une licence pour utiliser des contenus protégés, et quelle responsabilité découle de la production de contenus ressemblant à des œuvres protégées ?
La plainte d’Authentic Brands Group affirme que le modèle économique d’Anthropic repose sur une violation du droit d’auteur à une échelle sans précédent. Il s’agit de la caractérisation des demandeurs, non d’une conclusion judiciaire. Anthropic pourra répondre et la procédure déterminera si les usages et les sorties portent atteinte aux droits invoqués.
Pourquoi l’affaire est notable
Les développeurs d’IA ont déjà fait face à des réclamations de la Recording Industry Association of America et de grandes entreprises musicales comme Sony, Universal et Warner Records. Cette affaire est présentée comme l’un des premiers grands défis lancés directement par le représentant ou le détenteur des droits d’un artiste contre un développeur d’IA.
Ses effets pourraient dépasser le catalogue de Presley. Une décision ou un accord pourrait influencer les futures négociations entre ayants droit, maisons de disques et entreprises technologiques.
Les montants en jeu
La demande de 150 000 dollars par titre montre l’importance financière potentielle de ces litiges. Le résultat le plus important ne sera peut-être pas le montant final, mais une clarification de l’application des droits à la musique utilisée pour développer l’IA.
Une carte juridique qui s’étend
Les systèmes d’IA générative traitent d’immenses quantités de contenus, et les litiges sur leur origine concernent déjà les textes, les images, le code et la musique. L’affaire Presley montre que les titulaires de droits sont prêts à tester ces questions devant les tribunaux.
Il est trop tôt pour savoir si la plainte fera jurisprudence. Elle vient d’être déposée, et ses faits précis, la réponse d’Anthropic et l’examen judiciaire des accusations seront déterminants.
Points clés
- Authentic Brands Group accuse Anthropic d’avoir utilisé 274 chansons d’Elvis Presley pour entraîner des modèles d’IA sans autorisation.
- Les demandeurs réclament 150 000 dollars par titre, soit environ 41 millions au total.
- L’affaire figure parmi les premiers grands défis de droits d’auteur liés à l’IA lancés directement par un détenteur de droits d’artiste.
- Les accusations ne sont pas prouvées et seront examinées dans le cadre de la procédure judiciaire.
Cet article s’appuie sur un reportage de The Guardian. Lire l’article original.
Originally published on theguardian.com





