L’amerrissage inhabituel de Ship 40 est devenu une occasion de récupération
SpaceX a ramené le deuxième étage de Starship, Ship 40, dans ses installations de Starbase près de Brownsville, au Texas, après que le véhicule a survécu de manière inattendue à un amerrissage dans l’océan Indien en juillet. Le véhicule a participé au 13e test en vol intégré, ou IFT-13, et serait le seul Starship à être resté intact après avoir atteint l’eau et basculé.
Ce résultat contraste avec les précédents amerrissages de Starship décrits par Space Policy Online, au cours desquels le carburant résiduel provoquait généralement une explosion après le basculement du véhicule. Ship 40 est resté intact, offrant aux ingénieurs de SpaceX la possibilité d’inspecter du matériel ayant voyagé dans l’espace, traversé la rentrée atmosphérique terrestre puis survécu en mer.
SpaceX a déclaré que le véhicule récupéré fournirait des données inédites sur un bouclier thermique de Starship ayant volé, les moteurs Raptor, l’avionique et d’autres éléments. La récupération a donc une valeur qui dépasse le simple fait qu’un grand véhicule soit revenu au Texas : elle donne à l’entreprise du matériel de vol physique à examiner après une séquence opérationnelle normalement trop destructrice pour être conservée.
Un vol qui a changé dans ses derniers instants
IFT-13 a été lancé depuis Starbase le 25 juillet à 18 h 51, heure de la côte Est des États-Unis. Le propulseur Super Heavy s’est séparé environ deux minutes et demie après le décollage, tandis que Ship 40 allumait ses moteurs pour un trajet d’environ 65 minutes vers l’océan Indien.
Selon le rapport, le propulseur a effectué un atterrissage brutal plutôt qu’un atterrissage en douceur dans le golfe. Le reste de la mission s’est déroulé comme prévu jusqu’aux derniers instants, lorsque Ship 40 s’est posée sur les vagues. Lors des précédents essais, un Starship atteignant l’eau basculait et explosait. Ship 40 n’a pas suivi ce scénario.
Sa survie était particulièrement précieuse, car l’entreprise pourrait étudier comment le véhicule a résisté au voyage spatial et à la rentrée atmosphérique. Les performances du bouclier thermique sont au cœur de cette question. Un engin spatial réutilisable doit protéger sa structure et ses systèmes internes pendant la rentrée, puis revenir dans un état permettant son évaluation, sa réparation ou éventuellement un nouveau vol. Ship 40 constitue un rare exemple de matériel disponible pour une inspection directe après le vol.
La récupération a nécessité une longue opération maritime
Garder un Starship flottant et intact n’était que le premier défi. SpaceX devait encore transporter Ship 40 vers un endroit où elle pourrait être chargée sur une barge et renvoyée au Texas. L’entreprise a documenté l’opération dans une vidéo intitulée Holy Grail of Rocketry, montrant le travail nécessaire pour amener le véhicule sur l’île Christmas.
Space Policy Online a indiqué que le trajet entre l’amerrissage et l’île Christmas avait duré 26 jours. De là, Ship 40 devait encore traverser l’océan pour revenir à Starbase. Elle est arrivée sur le site texan le 12 octobre et a été placée dans l’un des Megabays de l’installation.

La logistique souligne une limite pratique de la récupération en mer. Un véhicule peut survivre à l’amerrissage tout en se trouvant loin d’un port adapté, exposé aux conditions maritimes et difficile à sécuriser pour le transport. Pourtant, ce retour réussi montre que SpaceX était prête à entreprendre une longue opération, car les informations techniques potentielles valaient la peine d’être préservées.
Les données d’un véhicule ayant traversé la rentrée
Le centre d’intérêt déclaré de SpaceX comprend le bouclier thermique, les moteurs Raptor et l’avionique. Ces systèmes couvrent plusieurs des domaines techniques les plus importants du véhicule. Le bouclier thermique fait face aux contraintes thermiques de la rentrée. Les moteurs sont essentiels au vol propulsé et aux futures opérations d’atterrissage. L’avionique coordonne les fonctions de détection, de contrôle et de communication du véhicule.
Le retour de Ship 40 ne démontre pas à lui seul qu’un Starship est entièrement réutilisable. Le véhicule a amerri dans l’océan au lieu de revenir sur un site de lancement, et le rapport n’indique pas qu’il revolera. Mais il fournit à SpaceX une trace matérielle inhabituelle d’une mission, plutôt que de s’appuyer uniquement sur la télémétrie, les images ou les débris d’une fin destructrice.
Cette distinction est importante pour un programme de développement qui vise la réutilisation. L’inspection du matériel peut révéler des conditions difficiles à déduire des seules données à distance. SpaceX a décrit les données du véhicule récupéré comme inédites, ce qui suggère qu’elle considère l’inspection comme une source distincte d’informations pour ses travaux de conception et d’essai.
La récupération de Starship reste en cours
Starship désigne généralement à la fois le premier étage Super Heavy et le deuxième étage Ship. L’objectif plus large de SpaceX est de récupérer les deux étages sur leurs sites de lancement. L’entreprise a déjà récupéré trois propulseurs Super Heavy à Starbase, même si la récupération la plus récente remonte à IFT-8, en mars 2025.
Selon le rapport, la première tentative de capture d’un Ship pourrait avoir lieu lors de la prochaine mission, IFT-15. Une capture serait très différente de la récupération de Ship 40 : au lieu de flotter dans l’océan avant d’être transporté, le véhicule reviendrait directement sur le site de lancement. Le voyage de Ship 40 fournit néanmoins des informations sur un aspect essentiel de cet objectif futur : l’état d’un véhicule après le vol et la rentrée.
Starbase est actuellement le seul site opérationnel de lancement de Starship, même si SpaceX est proche d’activer un deuxième site au complexe de lancement 39-A du Centre spatial Kennedy, en Floride. Pendant ce temps, la Federal Aviation Administration a ouvert une période de consultation publique sur la demande de SpaceX visant à augmenter fortement les lancements et les atterrissages à Starbase.
Pour l’instant, Ship 40 est un article d’essai récupéré et non un engin spatial récupéré dans le cadre d’une exploitation opérationnelle. Son importance tient au hasard qui lui a permis de survivre à l’eau et aux efforts nécessaires pour la ramener. Cette combinaison a transformé un amerrissage de fin de mission en une occasion rare d’inspecter en détail un Starship ayant volé.
Cet article s’appuie sur des informations de spacepolicyonline.com. Lire l’article original.
Originally published on spacepolicyonline.com




