Une nouvelle tentative pour penser au-delà de la théorie quantique
La mécanique quantique reste l’une des théories les plus performantes de la science, mais les physiciens savent depuis longtemps qu’elle est incomplète. Elle décrit le monde à petite échelle avec une précision extraordinaire, mais se heurte à des difficultés lorsqu’elle est confrontée à la gravité et aux plus grandes structures de l’univers. C’est cette tension qui rend digne d’intérêt le nouveau travail sur les théories dites post-quantiques.
New Scientist rapporte que James Hefford, du National Institute for Research in Digital Science and Technology, et Matt Wilson, de l’Université Paris-Saclay, ont élaboré une esquisse mathématique d’un monde post-quantique plausible. Leur cadre, appelé théorie QBox, n’est pas présenté comme un remplaçant définitif de la mécanique quantique, mais comme un modèle permettant d’imaginer à quoi pourrait ressembler une couche plus profonde de la réalité.
L’idée est ambitieuse parce qu’elle s’attaque à l’un des problèmes conceptuels les plus difficiles de la physique : si la théorie quantique n’est pas la couche finale, comment une théorie plus fondamentale pourrait-elle en faire émerger une autre ?
L’analogie avec la physique classique
Les chercheurs se sont inspirés de la relation entre le monde classique et le monde quantique. Dans la vie quotidienne, nous n’observons généralement pas d’étrangetés quantiques manifestes, comme la superposition, dans les objets familiers. La raison en est la décohérence, processus par lequel l’interaction avec l’environnement supprime le comportement quantique observable et fait émerger le monde classique.
Hefford et Wilson prolongent cette logique d’un niveau plus profond. Ils proposent qu’un processus analogue, appelé hyperdécohérence, puisse permettre à la théorie quantique ordinaire d’émerger d’une théorie post-quantique encore plus fondamentale. En effet, de même que la physique classique peut être vue comme la limite à grande échelle, décohérente, du comportement quantique, la mécanique quantique elle-même pourrait être la surface limitée et émergente d’un substrat plus profond.
Ce mouvement conceptuel est séduisant, car il préserve un schéma que les physiciens reconnaissent déjà : des lois apparentes à un niveau peuvent émerger de lois plus étranges en dessous.




