Un vaste problème de pollution pourrait être sous nos yeux
Une nouvelle étude dirigée par l’Université de Bristol affirme que le système indien d’identification et de gestion des terrains industriels contaminés est très en décalage avec l’ampleur des déchets dangereux produits par le pays. Selon les auteurs, il en résulte un angle mort environnemental qui menace à la fois la santé humaine et les écosystèmes fauniques.
L’écart central décrit dans le rapport source est frappant. L’Inde génère chaque année 15,66 millions de tonnes métriques de déchets dangereux, mais moins de 200 sites sont officiellement enregistrés comme contaminés ou susceptibles de l’être. Les chercheurs comparent ce chiffre à celui de la Suisse, qu’ils disent environ 80 fois plus petite en superficie et dotée de bien moins d’industries, mais qui compte près de 39 fois plus de sites contaminés recensés.
Cette comparaison ne signifie pas que l’Inde est moins polluée que la Suisse. Elle suggère l’inverse : de nombreux sites pollués en Inde pourraient rester non identifiés, non enregistrés ou insuffisamment évalués.
Pourquoi les sites contaminés comptent
Les sites contaminés sont souvent invisibles. Les polluants peuvent s’accumuler pendant de longues périodes dans les sols, les eaux souterraines et les sédiments, et les dégâts peuvent perdurer pendant des générations si les sites ne sont pas correctement surveillés et gérés. Selon le rapport source, les substances dangereuses présentes dans de tels lieux peuvent inclure des métaux lourds comme le plomb, le cadmium et le mercure, des combustibles fossiles comme le pétrole et le charbon, ainsi que d’autres produits chimiques tels que les pesticides et des composés agro-industriels.
Ces polluants créent des risques qui dépassent largement l’emprise immédiate d’une ancienne usine ou d’une décharge. Ils peuvent entrer dans les systèmes alimentaires, l’eau potable, les terres agricoles et les habitats voisins. Dans les régions densément peuplées, les conséquences pour la santé publique peuvent être graves même lorsque la contamination n’est pas évidente en surface.
C’est ce qui rend l’écart réglementaire si lourd de conséquences. Lorsque les registres officiels ne recensent qu’une infime fraction des sites problématiques probables, les communautés et les décideurs opèrent en pratique sans carte fiable de l’exposition environnementale.







