Le prochain produit de Midjourney n’est pas un autre modèle d’image

Midjourney, surtout connue pour générer des images à partir d’instructions textuelles, affirme qu’elle construit un scanner ultrasonore du corps entier visant à cartographier le corps humain en moins de 60 secondes. Ce projet marque un virage net du logiciel d’IA grand public vers le matériel médical, et Midjourney le présente comme la première étape d’une nouvelle unité appelée Midjourney Medical.

Selon l’annonce de l’entreprise, le système est conçu pour créer une carte 3D détaillée du corps à une vitesse bien supérieure à celle d’une IRM du corps entier conventionnelle. Midjourney a indiqué vouloir que l’expérience ressemble moins à un rendez-vous à l’hôpital qu’à une simple visite de bien-être, et elle associe la machine à des projets d’ouverture de lieux “Spa” dédiés où les personnes pourraient être scannées.

Cette combinaison de matériel d’imagerie, de lieux spécialement conçus et d’ambitions diagnostiques à terme fait de ce projet l’une des diversifications les plus atypiques dans l’IA. L’entreprise ne présente pas le scanner comme un petit projet secondaire. Elle affirme que l’appareil est son premier produit matériel et trace une feuille de route pluriannuelle comprenant des essais de recherche, de nouvelles itérations matérielles et une demande d’approbation réglementaire.

Comment le scanner est censé fonctionner

Midjourney a décrit le scanner comme un système dans lequel une personne est placée sur une plateforme, puis le corps est immergé dans l’eau à un rythme d’environ deux pouces par seconde. Pendant ce temps, la personne passe à travers un anneau contenant, selon l’entreprise, un demi-million d’éléments carrés, chacun de la taille approximative d’un grain de sable. Ces éléments émettent des ondes ultrasonores et enregistrent les signaux de retour.

L’entreprise a comparé le processus à l’écholocation, affirmant que la machine utilise les ondes sonores réfléchies pour reconstruire un modèle détaillé du corps sous de nombreux angles à la fois. Midjourney soutient que le résultat ressemble à des images d’IRM modernes tout en fonctionnant à près de 100 fois la vitesse. Concrètement, elle indique viser un scan prenant moins d’une minute, contre environ 60 à 90 minutes souvent associées aux procédures d’IRM du corps entier.

Le texte source ne fournit pas de validation indépendante de ces affirmations de performance, et Midjourney n’a pas encore indiqué que l’appareil est autorisé pour un usage diagnostique. Mais la description publique de l’entreprise montre clairement que la vitesse est au cœur de l’offre. Le scanner est présenté comme un moyen de compresser un flux de travail d’imagerie long, coûteux et lourd en infrastructures en quelque chose de plus rapide et plus largement déployable.

Pourquoi c’est un pari important

Pour une entreprise associée à l’art génératif par IA, ce mouvement soulève deux questions immédiates : pourquoi l’imagerie médicale, et pourquoi maintenant ? Midjourney y répond indirectement dans son annonce en expliquant qu’elle se demandait en quoi elle voulait être différente et ce qu’elle voulait devenir. Sa réponse semble être une identité plus large fondée sur les systèmes d’imagerie, et pas seulement sur la génération d’images.

Cela peut sembler abrupt de l’extérieur, mais le projet dispose déjà d’une certaine base industrielle. L’entreprise développe le scanner avec Butterfly Network, un fabricant d’appareils d’échographie portables. Midjourney a obtenu des droits exclusifs sur la technologie d’échographie sur puce de Butterfly via un accord de licence signé en novembre 2025, selon le texte source fourni. Cela donne à l’effort une base technique plus solide qu’une simple présentation conceptuelle.

Le programme matériel est dirigé par Ahmad Abbas, identifié par Midjourney comme responsable des projets de matériel grand public. Abbas a rejoint l’entreprise fin 2023 après avoir travaillé sur Apple Vision Pro, ce qui montre aussi que Midjourney a construit des capacités internes pour des produits physiques, et pas seulement pour la recherche logicielle.

Pris ensemble, ces éléments suggèrent que le projet de scanner n’est pas présenté comme une envolée spéculative sans plan opérationnel derrière. Midjourney dispose d’un partenaire technologique externe nommé, d’un accord de licence, d’un responsable matériel et d’une feuille de route par étapes. Cela ne garantit pas le succès clinique, mais cela va bien au-delà d’un simple teaser ponctuel.

Le modèle Spa est aussi notable que la machine elle-même

L’une des parties les plus frappantes de l’annonce n’est pas le scanner lui-même, mais le cadre proposé. Midjourney dit construire des Spas où les gens pourront se faire scanner, le premier site étant prévu à San Francisco l’an prochain. Le message est clair : l’entreprise cherche à présenter l’imagerie corporelle avancée comme quelque chose de plus courant, plus rapide et moins intimidant qu’un examen en milieu hospitalier.

Cette approche pourrait expliquer la logique commerciale de l’entreprise. Un modèle de lieu dédié donne à Midjourney davantage de contrôle sur l’expérience client, l’environnement d’exploitation et le déploiement initial. Il pourrait aussi permettre à l’entreprise de familiariser le public avec un appareil qui pourrait autrement sembler très atypique. En pratique, le scanner et le concept de Spa sont présentés comme une seule expérience produit.

Dans le même temps, ce cadrage pourrait susciter un examen attentif. Si le produit vise une pertinence médicale, il devra combler l’écart entre un environnement de bien-être convivial pour le consommateur et les normes attendues des technologies de diagnostic. Midjourney reconnaît elle-même que la prochaine grande étape est réglementaire : l’entreprise indique que les capacités diagnostiques de la machine nécessiteraient une approbation de la Food and Drug Administration américaine.

Et ensuite

Midjourney a indiqué que les 12 prochains mois seront consacrés au réglage fin du scanner et de ses algorithmes, à la conduite d’essais de recherche et au travail sur une conception matérielle de deuxième génération. Cette séquence compte, car elle montre que le système actuel est encore en développement et n’est pas prêt pour un déploiement large. En substance, l’entreprise dit que l’ingénierie, la validation et l’amélioration du produit se poursuivront avant toute expansion plus importante.

Ses ambitions à plus long terme sont également explicites. Après l’ouverture d’un premier Spa à San Francisco à un moment donné l’an prochain, Midjourney dit espérer s’étendre à d’autres villes en 2028. Le texte source indique que la voie de la FDA se situe entre ces étapes et tout positionnement diagnostique plus large.

Pour l’industrie technologique au sens large, l’annonce se distingue moins parce qu’une entreprise d’IA entre dans le secteur de la santé que par la manière directe dont elle le fait. Beaucoup d’entreprises d’IA parlent de soutenir la médecine via des modèles, de l’analyse ou une assistance logicielle. Midjourney propose plutôt un dispositif d’imagerie de marque, un environnement de service physique et une stratégie de produit médical réglementé.

La question de savoir si cela deviendra une activité viable dépendra de preuves que l’entreprise n’a pas encore présentées publiquement, en particulier sur la qualité d’image, la sécurité, la répétabilité et l’utilité clinique. Mais d’après les informations disponibles, Midjourney fait une véritable tentative pour passer des médias génératifs au matériel biomédical. Si cela fonctionne, l’entreprise pourrait finir par se définir moins par les images qu’elle crée que par celles qu’elle capture à l’intérieur du corps.

Cet article est basé sur un reportage d’Engadget. Lire l’article original.

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