La Marine demande à l’industrie de repenser la manière dont une torpille anti-sous-marine atteint la zone de combat

La Marine américaine a ouvert la voie à une nouvelle catégorie d’arme anti-sous-marine lancée depuis les airs, une arme qui passerait davantage de sa mission à planer dans l’air et moins à se déplacer dans l’eau. Dans une nouvelle demande d’information, le service indique qu’il étudie le Silent Anvil Air-Launched Torpedo, ou SAA-LT, soit comme une nouvelle torpille conçue spécifiquement pour un lancement aérien, soit comme un kit de planeur pouvant être ajouté à une torpille existante.

Le concept est important, car la guerre anti-sous-marine a longtemps été limitée par la physique. Les avions peuvent explorer rapidement de vastes zones, mais une fois qu’une torpille entre dans l’eau, sa portée utile et son autonomie deviennent plus limitées. Une arme capable de parcourir une plus grande distance dans les airs avant de plonger pourrait élargir la manière dont les avions et les drones traitent les contacts sous-marins, tout en offrant aux équipages davantage de distance de sécurité.

Selon la demande, la Marine veut que Silent Anvil fonctionne sur une gamme plus large d’aéronefs pilotés et non pilotés que les systèmes existants. Cela s’inscrit dans une dynamique plus large du Pentagone visant à répartir les missions sur davantage de plateformes, en particulier non pilotées, sans renoncer à des charges utiles utiles ni à du matériel compatible.

Deux conceptions, un seul objectif opérationnel

La Marine a décrit deux approches possibles. La première est une torpille compacte qui serait lancée depuis un aéronef ou un drone, planerait jusqu’à la zone cible, entrerait dans l’eau, puis se guiderait acoustiquement vers un sous-marin. La seconde est un kit de planeur pour une torpille existante, reprenant la logique de précédents ensembles de guidage qui ont transformé des armes conventionnelles en systèmes de frappe à distance plus flexibles.

Defense News a comparé l’idée à la capacité High Altitude Anti-Submarine Warfare Weapon, qui ajoute déjà un kit de planeur aux torpilles Mark 54 pour un lancement depuis des avions de patrouille P-8 Poseidon. Silent Anvil semble prolonger ce concept en recherchant la compatibilité avec un ensemble plus large d’aéronefs et en mettant l’accent sur la compacité et la flexibilité d’emport.

Les objectifs de format indiqués dans la demande sont remarquables. La Marine dit que l’arme devrait avoir une taille comparable à celle de la GBU-39 Small Diameter Bomb, avec un poids maximal de 268 livres, une longueur maximale de 70 pouces et un diamètre pouvant atteindre 7.5 pouces. C’est un signal fort que le service cherche à rendre l’arme plus facile à transporter, en interne ou en externe, sur plusieurs aéronefs, y compris des plateformes incapables d’emporter des torpilles plus volumineuses.

La compatibilité avec le support de bombe standard BRU-61/A constitue un autre indice. Plutôt que d’exiger un montage spécialisé, la Marine inscrit le concept dans un matériel aéronautique largement utilisé. Si cela se prolonge jusqu’à un programme officiel, Silent Anvil pourrait s’intégrer plus naturellement à la planification actuelle des charges aériennes.

Pourquoi la phase de plané est centrale

La demande ne précise pas une portée souhaitée, mais elle demande explicitement à l’industrie de fournir des éléments sur la portée maximale de plané de déport atteignable. Cette omission est importante. Plutôt que d’imposer un seuil fixe, la Marine semble sonder ce que l’industrie estime techniquement et opérationnellement réaliste.

L’enveloppe de performance de la demande est large. Silent Anvil devrait prendre en compte des vitesses de lancement de Mach 0.25, 0.50 et 0.85, ainsi que des altitudes de lancement allant de seulement 10 pieds jusqu’à 60,000 pieds. Cette extrémité supérieure dépasse le plafond opérationnel du P-8 et pointe vers des systèmes non pilotés de haute altitude comme plateformes possibles, y compris des aéronefs de la classe MQ-4C Triton.

La Marine précise aussi que l’arme devrait maximiser le temps de vol aérien tout en minimisant le temps passé dans l’eau, en limitant l’immersion au strict minimum nécessaire à la réussite de la mission. Cette phrase résume la logique de conception de l’ensemble du projet. Le vol aérien est rapide et relativement économe en énergie sur de longues distances. L’eau est l’endroit où la torpille doit accomplir son travail final, mais c’est aussi là que la traînée, les limites de batterie et les risques de détection deviennent plus importants.

Pour l’option kit de planeur, la Marine a inclus des paramètres d’entrée dans l’eau de 45 à 90 degrés et de 40 à 120 pieds par seconde. Cela suggère que le service réfléchit soigneusement à la transition entre le plané aérien et un amerrissage survivable, une phase techniquement exigeante pour toute arme qui doit préserver ses capteurs, sa structure et l’intégrité de son guidage avant de passer au guidage sous-marin.

Une réponse à un problème sous-marin qui évolue

Le calendrier n’est pas accidentel. Defense News inscrit cet effort dans le contexte de l’expansion de la flotte de sous-marins chinoise, de plus en plus sophistiquée, y compris des sous-marins robotiques de grande taille et à longue portée. Que la Marine adopte finalement une torpille entièrement nouvelle ou un kit additionnel, le problème opérationnel est clair : les avions et les drones ont besoin de moyens plus souples pour attaquer des cibles sous-marines sans avoir à s’approcher autant, et les commandants veulent davantage d’options de plateformes pour accomplir cette mission.

Cette ambition plus large en matière de plateformes est peut-être la partie la plus déterminante de l’avis. Si les armes anti-sous-marines peuvent être dimensionnées et conditionnées pour davantage d’aéronefs, la Marine peut élargir le réseau d’actifs capables de menacer les sous-marins. En pratique, cela pourrait aider les avions de patrouille, les drones et potentiellement d’autres plateformes aériennes à contribuer à la même mission avec moins de dépendance à une courte liste de systèmes spécialisés.

L’effort s’inscrit aussi dans d’autres travaux de la Marine sur les armes anti-sous-marines à longue portée. Defense News note que le service développe une arme de guerre anti-sous-marine à longue portée pour des torpilles lancées par roquette depuis des navires de surface. Silent Anvil traite de la composante aérienne de l’équation, mais les deux efforts vont dans la même direction : étendre la portée et réduire le temps entre la détection et l’attaque.

Et ensuite

L’étape actuelle reste exploratoire. La Marine sollicite des réponses des industriels avant le 29 septembre, et le calendrier de la demande prévoit un prototype dans les 18 mois suivant l’attribution d’un accord. Si une démonstration réussit, elle serait suivie de 180 prototypes complets dans un délai de trois ans.

Ce calendrier ne garantit pas un achat, mais il montre que la Marine ne traite pas l’idée comme un projet scientifique lointain. Elle demande à l’industrie de raisonner en termes de matériel produisible, de contraintes d’intégration et de performances de vol dans un ensemble réaliste de conditions de lancement.

Pour les entreprises de défense, Silent Anvil est une invitation familière : démontrer qu’un concept opérationnel émergent peut être rendu suffisamment compact, compatible et abordable pour se diffuser dans l’ensemble de la force. Pour la Marine, l’intérêt est simple. Une torpille qui passe davantage de son trajet dans l’air pourrait offrir aux commandants plus de portée, plus d’options de lancement et davantage de moyens de pression sur les sous-marins dans des eaux de plus en plus contestées.

  • La Marine envisage soit une nouvelle torpille lancée en plané, soit un kit de planeur pour une arme existante.
  • L’objectif de conception correspond approximativement à la taille et au poids d’une Small Diameter Bomb.
  • Le service veut une compatibilité avec des aéronefs pilotés et non pilotés, avec de larges plages de vitesse et d’altitude de lancement.
  • Les réponses de l’industrie sont attendues le 29 septembre, avec un objectif de prototype fixé à 18 mois après l’attribution.

Cet article s’appuie sur un reportage de Defense News. Lire l’article original.

Originally published on defensenews.com