Le retour du nucléaire se heurte à une obligation inachevée

L’énergie nucléaire bénéficie d’une nouvelle vague de soutien aux États-Unis, portée par les objectifs climatiques, un large appui politique et la demande croissante d’électricité des centres de données. Ce renouveau a mis en lumière un problème que le pays repousse depuis des décennies: les déchets nucléaires de haute activité. La question n’est pas nouvelle, mais le retour d’un véritable enthousiasme pour le nucléaire rend plus difficile de traiter l’élimination des déchets comme le problème de quelqu’un d’autre pour une autre génération.

L’ampleur du défi est claire. Les réacteurs américains produisent environ 2 000 tonnes métriques de déchets de haute activité chaque année. Pourtant, le pays ne dispose toujours pas d’une destination d’exploitation à long terme pour le combustible usé. Le combustible irradié est en grande partie stocké sur place, sur les sites de réacteurs en activité ou à l’arrêt, dans des piscines et des conteneurs secs en acier et en béton. Les experts considèrent généralement ces méthodes comme sûres, mais elles n’ont pas été conçues comme une solution permanente.

Le modèle mondial est souterrain et de long terme

À l’échelle internationale, la stratégie de référence pour les déchets de haute activité est le stockage géologique profond: placer la matière radioactive à des centaines de mètres sous terre dans un dépôt permanent. En théorie, l’approche est simple. En pratique, elle exige des décennies d’examen technique, une stabilité politique durable, une légitimité locale et la confiance du public.

La Finlande est actuellement l’exemple le plus avancé. En 2026, le pays teste son dépôt Onkalo, avec des autorisations finales attendues prochainement et une mise en service pouvant commencer plus tard cette année. La France, qui dépend fortement du nucléaire et dispose d’un vaste programme de retraitement, prévoit elle aussi un dépôt, avec des autorisations initiales possibles plus tard dans la décennie et des opérations pilotes visées pour 2035. Ces calendriers montrent que la gestion des déchets à long terme est difficile, mais pas impossible, lorsque les politiques sont maintenues assez longtemps.