L’accessibilité des soins de santé aux États-Unis continue de se dégrader
Moins de la moitié des adultes américains peuvent désormais payer de manière fiable les soins de santé et les médicaments sur ordonnance, selon de nouvelles données du West Health-Gallup Center on Healthcare in America. Le dernier Healthcare Affordability Index du groupe place 49 % des adultes américains dans la catégorie « Cost Secure » pour 2025, soit le niveau le plus bas enregistré depuis le lancement de l’indice en 2021.
Le résultat est remarquable non seulement parce qu’il passe sous la barre de la moitié, mais aussi parce qu’il prolonge une tendance plutôt que de refléter une baisse isolée. Au cours de la seule dernière année, 2,8 millions d’Américains sont sortis de la catégorie Cost Secure, selon l’étude résumée par Medical Xpress. Cela suggère que la pression financière s’élargit, plutôt qu’elle ne se stabilise, malgré plusieurs années de débat public sur l’inflation médicale, les primes d’assurance et les prix des médicaments.
Les données dessinent un pays où l’accès aux soins est de plus en plus déterminé par les finances des ménages. Lorsque l’accessibilité se fragilise à cette échelle, le problème ne se limite plus à la conception de l’assurance ou à la budgétisation. Il se traduit par des soins retardés, des ordonnances non remplies et des inégalités aggravées dans des communautés déjà vulnérables.
Ce que signifie « Cost Secure »
L’indice West Health-Gallup mesure la capacité des Américains à accéder aux soins de santé et aux médicaments dont ils ont besoin et à les payer, à partir de réponses d’enquête autodéclarées. Les personnes sont réparties dans des catégories qui reflètent la régularité avec laquelle elles peuvent obtenir des soins lorsqu’elles en ont besoin et leur capacité à payer ces soins sans contrainte majeure.
Dans les résultats de cette année, 49 % ont été classés comme Cost Secure. Cela laisse une majorité en dehors de la catégorie d’accessibilité la plus stable. Le rapport note également des baisses continues parmi les groupes historiquement confrontés à davantage d’obstacles, notamment les adultes noirs et hispaniques, ainsi que les ménages à faibles revenus.
Ces écarts démographiques comptent parce qu’ils montrent que le problème de l’accessibilité n’est pas réparti uniformément. La hausse des coûts peut toucher tout le monde, mais elle frappe d’abord et plus durement les ménages disposant de moins de marge financière. Lorsque les coûts médicaux augmentent plus vite que les salaires ou l’épargne, les personnes les moins protégées sont plus susceptibles de reporter des soins, de fractionner leurs ordonnances ou de renoncer totalement au traitement.
La hausse des dépenses aide à expliquer la pression
Le recul de l’accessibilité intervient alors que les dépenses de santé continuent de croître aux États-Unis. Le rapport cité par Medical Xpress indique que les dépenses nationales de santé ont atteint 5,3 billions de dollars en 2024, soit une hausse de 7,2 % par rapport à l’année précédente. Ce rythme de croissance dépassait largement l’inflation globale, qui s’établissait à 2,9 %.
Des catégories de coûts précises ont également augmenté. Les prix hospitaliers ont grimpé de 3,4 % en 2024, la hausse la plus rapide depuis 2007, tandis que les dépenses de médicaments sur ordonnance ont progressé de 7,9 %. Ces chiffres aident à expliquer pourquoi l’accessibilité peut se détériorer même lorsque le tableau général de l’inflation paraît moins sévère que durant les premières années suivant la pandémie. Pour les ménages, la question pertinente n’est pas de savoir si l’inflation générale ralentit, mais si les factures les plus importantes deviennent plus faciles à absorber. À l’heure actuelle, la santé ne l’est pas.
Ce décalage entre la hausse des coûts médicaux et l’inflation générale est particulièrement important, car les familles ne vivent pas les catégories de dépenses de manière isolée. Si le logement, l’alimentation ou le transport restent coûteux tandis que les coûts médicaux augmentent eux aussi plus vite que les prix généraux, les soins de santé deviennent une pression supplémentaire dans un budget déjà tendu.

Pourquoi ce recul a un poids politique
Tim Lash, président du West Health Policy Center, a averti que ce constat devrait alerter les décideurs et les responsables du secteur de la santé. Son argument, tel que cité dans le rapport, est simple : les coûts augmentent plus vite que la capacité des personnes à payer, et sans réforme significative, l’accessibilité continuera de se détériorer.
Cet avertissement s’inscrit dans un environnement politique où l’accessibilité des soins est souvent discutée par morceaux. Les médicaments sur ordonnance, les primes d’assurance, les prix hospitaliers et la réforme de la prestation des soins sont fréquemment débattus comme des sujets distincts. L’indice rassemble ces fils en posant une question pratique du point de vue du patient : les personnes peuvent-elles obtenir, de façon constante, les soins et les médicaments dont elles ont besoin sans basculer dans la difficulté financière ?
Selon ce critère, la réponse se dégrade. Et parce que la mesure repose sur l’expérience vécue plutôt que sur un seul repère de prime ou un taux d’utilisation, elle saisit l’effet cumulatif d’un système qui peut sembler fonctionnel dans son ensemble tout en échouant pour beaucoup au moment de l’usage.
L’accessibilité devient une préoccupation structurelle
La dernière mesure suggère que le problème dépasse le simple stress cyclique. Une chute sous les 50 % dans la catégorie Cost Secure signifie que l’accessibilité n’est plus un défi touchant une large minorité tout en laissant la plupart des ménages protégés. Elle décrit désormais un pays où la majorité des adultes se trouve en dehors de la tranche d’accessibilité la plus stable.
Ce changement a des implications plus larges. Si davantage de personnes peinent à payer leurs soins, les prestataires pourraient voir davantage de consultations tardives et plus de parcours de soins non compensés ou interrompus. Les employeurs et les programmes publics pourraient également faire face à des coûts indirects plus élevés si les soins préventifs deviennent plus difficiles d’accès et si l’observance des traitements courants diminue.
Le rapport ne prétend pas résoudre ces questions à lui seul, mais il les clarifie. Pour les dirigeants d’entreprise, les législateurs et les systèmes de santé, la conclusion est que l’accessibilité n’est pas une plainte périphérique de consommateur. Elle devient une contrainte structurelle sur l’accès.
Ce que les nouvelles données rendent clair
Le chiffre phare, 49 %, est important parce qu’il transforme une inquiétude nationale diffuse en seuil mesurable. Il montre que l’accessibilité des soins de santé aux États-Unis est tombée à son point le plus faible en cinq ans d’histoire de cet indice, et que des millions de personnes ont perdu un terrain stable en une seule année.
Tout aussi important, les données d’appui expliquent pourquoi. Les dépenses de santé augmentent rapidement, les prix hospitaliers progressent au rythme le plus rapide depuis de nombreuses années, les dépenses de médicaments sur ordonnance continuent de monter, et le fardeau pèse de manière disproportionnée sur les communautés qui disposent du moins de ressources pour l’absorber.
Le débat portera sur le levier politique le plus déterminant, qu’il s’agisse de la réforme de l’offre de soins, de l’action sur les prix des médicaments, de la refonte de l’assurance ou d’un contrôle plus large des coûts. Mais la nouvelle lecture de l’indice réduit l’espace pour prétendre que le problème est marginal. Au vu des éléments disponibles, l’accessibilité se dégrade d’une manière large, mesurable et de plus en plus difficile à ignorer.
Cet article est basé sur un reportage de Medical Xpress. Lire l’article original.
Originally published on medicalxpress.com






