Une contestation judiciaire rouvre d’anciennes questions sur les achats solaires

Le fabricant sud-africain de solaire ARTsolar examine la documentation liée à trois marchés publics solaires après avoir contesté la manière dont les règles de contenu local pour les modules photovoltaïques auraient été appliquées par les adjudicataires. Le litige est passé d’une plainte sectorielle à un test politique plus important : vérifier si le cadre des appels d’offres sud-africains pour les énergies renouvelables fait réellement respecter les conditions de fabrication nationale qu’il fixe.

Selon le texte source fourni, la Haute Cour du Gauteng a ordonné au ministère sud-africain des Ressources minérales et de l’Énergie de fournir l’ensemble de la documentation relative à trois appels d’offres attribués en 2021 et 2022. ARTsolar avait remis en question le respect, par les soumissionnaires pressentis, des exigences de contenu local associées à ces marchés.

Pourquoi les règles de contenu local sont importantes

Les dispositions de contenu local ne servent pas seulement à attribuer des contrats d’électricité. En théorie, elles utilisent la commande publique pour créer des capacités industrielles, préserver des emplois et construire des chaînes d’approvisionnement locales autour de la transition énergétique. Dans le solaire, cela peut inclure des exigences liées à l’approvisionnement en modules ou à des seuils de fabrication locale.

Lorsque ces règles sont faiblement appliquées, deux problèmes apparaissent simultanément. D’abord, les fabricants locaux peuvent perdre des marchés pour lesquels ils étaient censés être en position de concurrence. Ensuite, la crédibilité du régime d’appels d’offres lui-même peut être fragilisée. Si les soumissionnaires estiment que les exigences de conformité sont négociables ou vérifiées de façon incohérente, les objectifs de politique commencent à se dissocier des résultats de la commande publique.

La revendication d’ARTsolar

Le texte source indique qu’ARTsolar a déposé sa requête devant la Haute Cour en octobre 2024, en affirmant qu’il y avait eu une “contournement constant et généralisé” des exigences de contenu local parmi les soumissionnaires pressentis. Il précise aussi qu’ARTsolar avait soulevé des préoccupations concernant le Département des Ressources minérales et de l’Énergie ainsi que le Département du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence.

À ce stade, le reportage confirme l’existence du recours et la remise des documents, mais pas la conclusion finale qu’un soumissionnaire aurait enfreint les règles. ARTsolar a déclaré à pv magazine que son équipe juridique examine actuellement la documentation reçue. Cela signifie que le litige reste dans une phase d’évaluation des preuves et d’analyse juridique, même si la divulgation ordonnée par le tribunal est déjà importante.

Une question plus large de politique industrielle

L’affaire survient à un moment sensible pour la politique industrielle de l’énergie à l’échelle mondiale. Les gouvernements veulent déployer rapidement les énergies renouvelables, mais beaucoup souhaitent aussi que ces déploiements soutiennent la fabrication nationale plutôt que de dépendre massivement de composants importés. Cet équilibre est difficile. Une application stricte du contenu local peut augmenter les coûts ou compliquer les projets ; une application faible peut vider de sa substance la stratégie industrielle qui sous-tend les appels d’offres.

Le marché solaire sud-africain est régulièrement discuté dans ces termes. Les séries d’achats ne sont pas seulement un moyen de produire de nouvelles capacités électriques. Elles constituent aussi un test de savoir si l’investissement dans les énergies propres peut contribuer à renforcer les capacités de fabrication locales. Un litige impliquant un producteur local de modules a donc des implications qui dépassent les entreprises directement concernées.

Ce qui vient ensuite

La prochaine étape immédiate est l’examen juridique et documentaire. L’analyse par ARTsolar des éléments divulgués pourrait déterminer si l’affaire s’amplifie, se limite à des questions précises de conformité ou entraîne un contrôle administratif plus large. Le texte source n’indique aucun jugement final sur les allégations de non-conformité sous-jacentes.

Quoi qu’il en soit, l’ordonnance de la Haute Cour a déjà changé l’histoire. Elle a fait passer les préoccupations relatives à l’application du contenu local du registre des griefs de l’industrie au registre public. À elle seule, cette évolution peut pousser les ministères, les développeurs et les futurs soumissionnaires à traiter la conformité avec davantage de prudence.

Pourquoi l’issue compte pour la transition énergétique

Si la transition vers les énergies renouvelables doit porter des promesses de développement industriel, les systèmes de passation de marchés doivent montrer que ces promesses sont réelles. La contestation d’ARTsolar est notable parce qu’elle se concentre sur l’écart entre le langage de la politique et sa mise en œuvre. Les règles ont-elles été respectées telles qu’elles étaient écrites, ou ont-elles été contournées dans la pratique ?

La réponse n’a pas encore été établie dans le reportage fourni. Mais la question elle-même est désormais incontournable. Pour le secteur solaire sud-africain, cette affaire pourrait devenir une première mesure de savoir si la politique de contenu local est un véritable instrument de marché ou une faible aspiration accolée à des objectifs d’achat qui font les gros titres.

Cet article s’appuie sur un reportage de PV Magazine. Lire l’article original.

Originally published on pv-magazine.com