La politique de l’hydrogène devient plus opérationnelle

Deux évolutions rapportées par

pv magazine

indiquent une transition importante dans l’économie de l’hydrogène : les gouvernements et les institutions publiques passent de grandes déclarations stratégiques à des mécanismes destinés à rapprocher les projets réels du financement et des contrats d’offtake. En Afrique, le Fonds pour l’énergie durable en Afrique de la Banque africaine de développement a lancé un appel à propositions dans le cadre de son Programme hydrogène vert. En Europe, la Commission européenne a achevé la première phase de son Mécanisme hydrogène, en recueillant des centaines d’opportunités côté offre et des dizaines de projets côté demande.

Aucune de ces étapes ne garantit un déploiement rapide. Mais elles indiquent toutes deux que les décideurs cherchent à résoudre un problème central du développement de l’hydrogène : de nombreux projets existent sur le papier, tandis que beaucoup moins disposent du capital, des contreparties et de la structure commerciale nécessaires pour atteindre la décision finale d’investissement.

La BAD cible les goulots d’étranglement préinvestissement

L’initiative de la Banque africaine de développement vise les développeurs du secteur privé de projets d’hydrogène vert et de projets dérivés à travers l’Afrique. Selon le texte source, le programme est soutenu par un financement initial du gouvernement allemand et fournira jusqu’à 20 millions de dollars de financement préinvestissement à trois à cinq projets sélectionnés.

La structure de ce soutien est notable. Plutôt que de financer de vastes plans nationaux ou la promotion de concepts à un stade précoce, le programme offrira des subventions remboursables pour des services de conseil destinés à aider les projets à atteindre la décision finale d’investissement ou le bouclage financier. Autrement dit, l’argent n’est pas présenté comme une subvention générale à la construction, mais comme un outil pour franchir le travail complexe et coûteux qui précède le lancement des travaux.

Pour les développeurs hydrogène, cette phase de préinvestissement peut être décisive. Les projets ont besoin d’études techniques, de modélisation commerciale, de structuration juridique, d’appui aux permis et de préparation au financement. Si ces étapes sont sous-financées ou retardées, les projets peuvent rester bloqués dans les files de développement même lorsque la ressource et l’intérêt politique sont forts. En ciblant les services de conseil, le programme de la BAD s’attaque à un goulot d’étranglement plus étroit mais souvent plus immédiat.

Le cadrage géographique est également important. L’Afrique est souvent présentée comme un futur grand producteur d’hydrogène vert et de produits dérivés en raison du potentiel de ressources renouvelables dans plusieurs régions. Mais le potentiel seul ne crée pas de projets bancables. L’approche de la BAD suggère qu’elle reconnaît que la maturité des projets, et pas seulement la disponibilité des ressources, déterminera si le continent capte des investissements significatifs dans l’hydrogène.