Un nouvel animal dans les archives des premiers dinosaures africains

Un dinosaure récemment décrit au Zimbabwe apporte de nouvelles informations sur une période formatrice de l’évolution des dinosaures. Baptisé Musango matusadonaensis, l’animal était un sauropodomorphe : il appartenait à la lignée qui finirait par inclure d’immenses animaux quadrupèdes au long cou, comme Diplodocus.

Le squelette incomplet a été découvert dans la berge de la rivière Nyamasango, près de l’île Musango, un lieu reflété dans le nom scientifique de l’animal. Sa découverte est importante non seulement parce qu’elle ajoute une espèce au registre. Les recherches indiquent que les dinosaures du Zimbabwe n’étaient pas simplement la continuation septentrionale des faunes fossiles mieux connues d’Afrique du Sud.

Cette distinction compte pour comprendre la dispersion et la diversification précoces des dinosaures en Afrique australe. Les fossiles des régions voisines peuvent fournir des comparaisons utiles, mais ces travaux suggèrent que les communautés locales de dinosaures possédaient leur propre caractère évolutif.

Ce que révèlent les os

Musango vivait au Trias et était bipède, marchant sur ses pattes arrière. Les chercheurs estiment qu’il mesurait environ 4,5 mètres, soit 15 pieds, et pesait près de 220 kilogrammes, soit 485 livres. Des marques de croissance dans ses os indiquent que l’individu était subadulte à sa mort.

Le crâne n’a pas été conservé, de sorte que son régime alimentaire exact ne peut pas être déterminé à partir de ce spécimen. Ses proches parents étaient toutefois en grande partie herbivores. En tant que sauropodomorphe, Musango appartient à un groupe dont les membres ultérieurs deviendraient parmi les plus grands animaux terrestres ayant jamais vécu.

L’animal n’était donc pas lui-même l’un de ces géants ultérieurs. Il offre un aperçu d’une étape plus ancienne de la lignée, à une époque où les proches des grands dinosaures au long cou se déplaçaient encore sur deux pattes. Les fossiles incomplets laissent inévitablement des questions sans réponse, mais même des squelettes partiels peuvent conserver des détails anatomiques qui aident à établir les relations entre les espèces.

La place du Zimbabwe sur la carte des fossiles

Le Zimbabwe figure dans les archives des dinosaures depuis plus d’un siècle, des ossements de dinosaures y étant signalés depuis 1916. Pourtant, l’histoire fossile de l’Afrique est documentée de manière inégale. Certains sites et dépôts ont reçu beaucoup plus d’attention que d’autres, ce qui a influencé les écosystèmes anciens que nous connaissons le mieux.

Illustration d’une créature au long cou et à la longue queue debout sur ses pattes arrière, dans un environnement avec des arbres et de l’eau
Reconstitution de Musango. Crédit : Mark Witton / The Trustees of the Natural History Museum

Le continent est célèbre pour ses fossiles qui éclairent l’ascendance humaine, mais il conserve aussi une grande diversité de restes de dinosaures. Parmi les régions africaines importantes pour les dinosaures figurent l’Afrique du Sud, le Lesotho, la Tanzanie, l’Égypte, le Niger, le Malawi, Madagascar et le Maroc. Le Zimbabwe constitue une partie importante de cette image plus large.

En examinant les fossiles du pays pour ce qu’ils sont, les chercheurs peuvent tester les hypothèses façonnées par la renommée des sites sud-africains voisins. La description de Musango suggère que supposer une faune régionale commune ferait manquer des différences significatives. Son anatomie pointe vers un registre des dinosaures zimbabwéens à la composition distincte.

Pourquoi les différences régionales comptent

L’évolution précoce des dinosaures n’a pas été un processus unique et uniforme se déroulant en vase clos. Les espèces se sont diversifiées dans des paysages, des climats et des habitats changeants. Lorsque les chercheurs identifient des différences entre des assemblages fossiles de régions voisines, ces différences peuvent aider à révéler la répartition des populations animales et la divergence de leurs histoires.

La découverte de Musango ne diminue pas l’importance des fossiles sud-africains. Elle renforce au contraire l’intérêt de comparer plusieurs régions d’Afrique australe. Un registre géographique plus riche peut produire un récit plus précis des dinosaures présents dans chaque région, des lignées qui étaient liées et de celles qui ont évolué selon des trajectoires distinctes.

Elle souligne également la valeur des travaux de terrain continus et de la réévaluation des collections existantes. Le crâne de Musango manque, et le spécimen ne peut répondre à toutes les questions concernant sa biologie. Mais ses os conservés suffisent à identifier une nouvelle espèce et à remettre en cause une hypothèse générale sur le rapport entre les faunes de dinosaures du Zimbabwe et d’Afrique du Sud.

Un squelette incomplet porteur d’une leçon plus vaste

Les découvertes de fossiles se présentent souvent sous forme de fragments plutôt que d’animaux complets. Cette limite fait partie de la science, et non une raison d’écarter les preuves. Dans ce cas, un squelette subadulte incomplet découvert sur une berge a élargi la diversité connue des dinosaures du Trias au Zimbabwe.

Musango matusadonaensis rappelle que l’histoire des premiers dinosaures africains est encore en cours d’assemblage. Sa découverte ajoute une nouvelle branche à l’arbre généalogique des sauropodomorphes et indique plus clairement que les écosystèmes de dinosaures d’Afrique australe étaient plus variés que ne le laisserait penser une simple carte des pays voisins.

Cet article s’appuie sur un reportage de Phys.org. Lire l’article original.

Originally published on phys.org