Une recherche toujours accordée sur la radio

Pendant la majeure partie de son histoire, la recherche d'intelligence extraterrestre a été un projet d'écoute. Les radiotélescopes balaient le ciel à la recherche de transmissions qu'une autre civilisation aurait pu envoyer délibérément, ou qui auraient fui accidentellement de sa technologie. La méthode est puissante et bien établie, mais elle présuppose discrètement quelque chose d'énorme : que la civilisation que nous tentons d'entendre existe au même moment où nous écoutons.

Le problème de synchronicité au cœur du SETI

Un nouveau preprint de Lewis J. Pinault, chercheur associé au SETI Institute, et de ses coauteurs met cette hypothèse sous les projecteurs. Ils décrivent la difficulté comme un problème de synchronicité, et il est facile à énoncer : et si aucune civilisation extraterrestre n'émettait en ce moment, mais qu'une émettait il y a un milliard d'années ? La Voie lactée est âgée d'environ 13 milliards d'années, et les sociétés technologiques ne sont guère susceptibles d'occuper plus qu'une infime fraction de cette durée. Espérer que notre propre brève fenêtre de capacité radio coïncide avec celle de quelqu'un d'autre constitue, dans la formulation de l'article, un pari considérable.

Un autre type de preuve

L'article, disponible sous forme de preprint sur arXiv et soumis à l'International Journal of Astrobiology, propose une stratégie fondamentalement différente. Au lieu de traquer des signaux électromagnétiques, les chercheurs pourraient rechercher des artefacts physiques, des objets dont l'existence ne pourrait s'expliquer que par une fabrication intelligente. Et le meilleur endroit où les chercher, soutiennent les auteurs, n'est pas un système stellaire lointain. C'est notre propre Lune.

Pour être clair, l'idée n'exige pas que des extraterrestres aient un jour visité la Lune, ni aucun autre endroit du système solaire. La proposition porte sur l'interception, non sur l'habitation.

Pourquoi la Lune est un collecteur exceptionnel

La Lune fonctionne comme un piège naturel. Elle a passé des milliards d'années à balayer la matière dérivant dans le voisinage Terre-Lune, et tout ce qui y atterrit tend à y rester. L'article décrit la Lune sans détour : c'est un vraiment, vraiment bon ramasseur de déchets. Cela fait de la surface lunaire un type d'archive inhabituel, capable de conserver des traces d'événements survenus ailleurs, bien avant que les humains existent pour les remarquer.

Qu'est-ce qu'une particule d'Arkhipov ?

L'article examine deux catégories de particules, et celle qui est décrite le plus clairement porte le nom d'Alexei Arkhipov, un astronome ukrainien qui a lancé l'idée dans les années 1990. Une particule d'Arkhipov est un minuscule fragment de débris industriels involontaires. Ce n'est pas un message, un balise ni une carte de visite délibérée. Cela ressemble davantage à un éclat de déchet de fabrication ou à un morceau de machinerie brisée, le genre de chose qu'une civilisation technologique produirait sans jamais avoir l'intention de l'envoyer quelque part.

Les essaims de Dyson et leurs restes dispersés

L'exemple illustratif de l'article est un essaim de Dyson, une mégastructure hypothétique construite pour capturer la production d'énergie d'une étoile. Un projet à cette échelle serait exposé aux collisions, à l'usure et à la dégradation, et sur des durées suffisamment longues, certains de ses composants finiraient inévitablement par être détruits. Les fragments issus de ces ruptures pourraient être éjectés du système qui abritait la mégastructure et dériver dans l'espace interstellaire. De là, ils pourraient éventuellement atteindre notre propre système solaire.

Could the Clues to Ancient Alien Civilizations Be Hiding in a Bucket of Moon Dust?
Image of the south pole of the moon. Credit: NASA/JPL/USGS

La chronologie galactique joue en faveur de l'idée

Ce voyage n'est pas aussi invraisemblable qu'il n'y paraît de prime abord. Le Soleil effectue une orbite complète autour du centre de la Voie lactée environ tous les 230 millions d'années, et la galaxie elle-même est âgée d'environ 13 milliards d'années. Notre système solaire a donc parcouru une quantité énorme de terrain galactique au cours de son existence, ce qui lui a donné de nombreuses occasions de rencontrer de la matière rejetée par d'autres étoiles.

La conséquence est importante. La barrière temporelle qui limite les recherches radio se dissout largement lorsque la preuve est physique. Les débris n'ont pas besoin d'être transmis au moment précis où nous écoutons par hasard. Ils doivent seulement survivre.

Des preuves persistantes, des questions persistantes

Les artefacts physiques changent aussi la nature de la preuve elle-même. Un signal radio disparaît à l'instant où il passe ; une particule reposant dans le sol lunaire est un enregistrement qui perdure. Une civilisation qui s'est élevée, industrialisée et a disparu un milliard d'années avant l'apparition des humains pourrait encore, en principe, être représentée par de la matière plutôt que par une transmission.

Ce que l'article ne prétend pas

Il vaut la peine d'être précis sur les limites de l'argument. Les auteurs ne disent pas que des extraterrestres ont un jour occupé la Lune. Ils ne prétendent pas qu'une telle particule ait été trouvée. Leur contribution est un changement de stratégie de recherche, un plaidoyer pour traiter la surface lunaire comme un endroit digne d'être examiné à la recherche de signatures d'intelligence et pour élargir le SETI au-delà de la bande radio.

Parce que ce travail est un preprint soumis à l'International Journal of Astrobiology, il n'est pas encore entré dans le corpus scientifique. Il nous parvient toutefois par un canal grand public : l'analyse a été rédigée par Andy Tomaswick pour Universe Today, éditée par Sadie Harley et relue par Andrew Zinin avant sa parution sur Phys.org.

Pourquoi ce recadrage compte

Le SETI a toujours dépendu d'un pari implicite sur le temps. L'attrait de la proposition de la poussière lunaire est qu'elle retire une grande partie de ce pari de l'équation. Si les civilisations intelligentes sont rares, éphémères ou simplement pas en train d'émettre en ce moment, une recherche radio peut ne rien donner pour des raisons qui ont peu à voir avec la question de savoir si quelqu'un est là. Une quête de traces physiques durables ne partage pas cette faiblesse. Elle pose une question différente : non pas qui parle maintenant, mais qui a jamais été là.

L'essentiel

  • La dépendance du SETI aux signaux radio crée un problème de synchronicité, car toute civilisation que nous détectons doit émettre pendant notre propre brève fenêtre d'écoute.
  • Un preprint de Lewis J. Pinault et de ses collègues du SETI Institute propose de rechercher plutôt des artefacts physiques, la Lune étant le site de collecte idéal.
  • Les particules d'Arkhipov, nommées d'après l'astronome ukrainien Alexei Arkhipov, qui a proposé le concept dans les années 1990, sont de minuscules fragments de débris industriels involontaires.
  • Une source possible de tels débris est un essaim de Dyson, une mégastructure à l'échelle stellaire dont les composants détruits pourraient dériver vers d'autres systèmes stellaires.
  • La galaxie est âgée d'environ 13 milliards d'années, et le Soleil en fait le tour environ tous les 230 millions d'années, ce qui laisse au système solaire amplement le temps de rencontrer de la matière interstellaire.
  • Les auteurs soulignent que l'idée n'exige pas que des extraterrestres aient vécu sur la Lune ou ailleurs dans le système solaire.

Que quelqu'un trouve un jour une particule d'Arkhipov reste une question ouverte. Ce que l'article offre, c'est une façon de regarder qui ne dépend pas du fait de surprendre une civilisation ancienne en pleine phrase.

Cet article est basé sur un reportage de Phys.org. Lire l'article original.

Originally published on phys.org