Une catastrophe aux conséquences humaines inégales

Survenue il y a environ 7 300 ans, l’éruption de Kikai-Akahoya fut l’une des pires catastrophes volcaniques de la Terre. Elle provoqua des séismes, d’immenses tsunamis et d’importants dépôts de cendres. Pour les communautés de chasseurs-cueilleurs de la période Jomon, les conséquences immédiates durent être dévastatrices.

Une étude internationale dirigée par l’université de Lund montre toutefois que ses conséquences sociales ne se résument ni à un effondrement total ni à une survie ininterrompue. Publiée dans Science Advances, elle révèle des déclins démographiques et des zones inhabitables, mais aussi des migrations, des adaptations et une croissance ultérieure dans certains endroits.

Les chercheurs concluent que la catastrophe causa de lourdes pertes, tout en poussant les communautés à réorganiser leur vie de différentes manières.

Lire la couche de catastrophe

Un dépôt visible de cendres volcaniques dans le sud de Kyushu permet de comparer les traces de vie situées sous et au-dessus de la « couche de catastrophe ».

Les populations diminuèrent lorsque les écosystèmes furent endommagés et que certaines zones devinrent inhabitables. Elles ne disparurent toutefois pas uniformément de toute la région touchée.

La survie impliqua mobilité et changement

Selon l’auteur principal, Enrico Crema, les survivants migrèrent, nouèrent de nouvelles relations sociales et développèrent de nouvelles formes d’économie. Peter Jordan, de l’université de Lund, décrit les conséquences des grandes catastrophes comme complexes et imprévisibles.

How one of Earth's worst volcanic disasters affected societies
Dépôt volcanique de Kikai-Akahoya dans le sud de Kyushu, la « couche de catastrophe » de cendres volcaniques. Crédit : université de Lund

Au-delà de l’effondrement ou de la continuité

L’étude rejette une lecture binaire. Certaines zones devinrent inhabitables, tandis que d’autres personnes conservèrent des éléments de leur vie passée, créèrent de nouveaux réseaux et s’adaptèrent aux environnements transformés.

Dans le Japon préhistorique, l’éruption fut donc un profond tournant, et non une fin uniforme. L’effondrement s’inscrivit dans un processus plus long de mobilité, d’innovation et de reprise.

Leçons sur la résilience

Les archives préhistoriques montrent que survivre peut exiger de changer de lieu, de ressources et de relations sociales. Les pertes furent considérables, mais certaines communautés réussirent aussi à se reconstruire et à prospérer.

Une vision plus humaine

L’éruption n’eut pas une seule conséquence sociale. Ses effets furent sévères, mais ils se déployèrent différemment selon les personnes, les lieux et les époques.

Cet article s’appuie sur un article de Phys.org. Lire l’article original.

Originally published on phys.org