La déforestation mondiale a diminué en 2025, mais cette amélioration ne suffit pas encore à mettre le monde sur la voie du respect de son engagement à enrayer la perte de forêts d’ici 2030. L’évaluation annuelle Forest Declaration Assessment a constaté que sept millions d’hectares de forêts avaient été détruits définitivement l’an dernier, soit une baisse de 15 % par rapport à 2024, mais une superficie toujours à peu près équivalente à celle de la République d’Irlande.

Le message central du rapport est celui d’un progrès nuancé. Ses auteurs ont déclaré qu’une baisse sur une seule année était encourageante, mais que ce résultat restait une exception plutôt que la preuve que la déforestation était entrée dans une tendance durable à la baisse. Pour atteindre l’objectif convenu lors des discussions climatiques de la COP26 en 2021, la déforestation annuelle devrait diminuer d’environ un million d’hectares chaque année.

L’Amérique latine a porté une grande partie de l’amélioration

La baisse mondiale a été favorisée par une réduction de 33 % en Amérique latine, historiquement le principal foyer de déforestation au monde. L’évaluation a notamment cité le plan d’action du Brésil contre la déforestation et le renforcement de l’application de la loi en Amazonie comme des facteurs importants du changement régional.

Il s’agit d’un changement majeur, car les choix politiques peuvent avoir un effet direct sur l’état des forêts. Mais le rapport a également averti que les gains enregistrés dans le bassin amazonien restent politiquement fragiles. Ses auteurs ont déclaré que les progrès reposaient largement sur les décisions d’un nombre relativement restreint de gouvernements et étaient vulnérables aux élections et aux changements d’orientation politique.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s’est engagé à mettre fin à la déforestation illégale d’ici 2030, alors que le pays se prépare à un second tour de l’élection présidentielle le 25 octobre. L’évaluation a relevé que la déforestation avait fortement augmenté sous l’administration de l’ancien président Jair Bolsonaro. Elle a également identifié les évolutions politiques en Colombie et au Pérou comme des risques potentiels pour la poursuite des progrès dans la région.

Les pertes dans le bassin du Congo évoluent en sens inverse

Alors que l’Amérique latine s’est améliorée, la situation s’est détériorée en Afrique centrale. La perte de forêts dans le bassin du Congo a atteint 2,4 millions d’hectares en 2025, soit environ 5,9 millions d’acres. Une telle ampleur fait de la région un obstacle majeur à l’objectif mondial, même lorsque d’autres régions forestières enregistrent des gains temporaires.

7 mn hectares of forest -- roughly the size of Ireland -- were permanently destroyed in 2025
Sept millions d’hectares de forêt—environ la superficie de l’Irlande—ont été détruits définitivement en 2025.

Les résultats régionaux contrastés montrent pourquoi un titre mondial peut masquer des différences importantes. Une réduction dans une région ne compense pas automatiquement une hausse ailleurs, surtout lorsque la perte de forêts est liée aux pressions locales sur l’utilisation des terres, à la capacité de gouvernance et aux choix politiques. L’évaluation identifie le défrichement à des fins agricoles et minières comme les principaux moteurs de la déforestation.

Ces pressions font de la protection des forêts bien plus qu’une question d’annonces ou d’engagements à long terme. Le rapport suggère qu’une action efficace dépend d’une mise en œuvre durable : une application de la loi qui se poursuive dans le temps, des politiques qui résistent aux transitions politiques et des protections qui s’appliquent là où la pression pour défricher les terres augmente.

La promesse pour 2030 reste hors de portée

Le résultat de 2025 est inférieur à celui de l’année précédente, mais l’évaluation affirme que le monde n’atteindra toujours pas l’objectif de 2030 sans une baisse beaucoup plus rapide. Le retard est considérable. Une amélioration annuelle de 15 % peut indiquer que les politiques ont un effet, mais elle ne suffit pas à combler l’écart entre la destruction actuelle des forêts et le rythme exigé par l’engagement international.

Les auteurs ont également averti que les conditions à l’origine du résultat de l’année dernière pourraient ne pas perdurer. Un phénomène météorologique El Niño exceptionnellement marqué et la dégradation des conditions en Afrique centrale figurent parmi les facteurs qui influencent les perspectives. Cette incertitude rend difficile l’interprétation d’un seul chiffre annuel comme un tournant établi.

Pour les gouvernements, le rapport fournit à la fois des éléments montrant ce qui peut fonctionner et une mise en garde contre la complaisance. Les progrès cités au Brésil illustrent la valeur potentielle d’un plan d’action officiel et de l’application de la loi. Le chiffre du bassin du Congo illustre le coût de laisser les pertes s’accélérer dans une grande région de forêt tropicale. Ces deux évolutions comptent pour le même objectif mondial.

Le prochain indicateur de progrès sera donc de savoir si la baisse de 2025 peut être répétée et amplifiée, tandis que la perte de forêts dans les régions évoluant dans la mauvaise direction est inversée. D’ici là, le chiffre de sept millions d’hectares fourni par l’évaluation restera un rappel de la distance encore importante à parcourir pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030.

Cet article s’appuie sur un article de Phys.org. Lire l’article original.

Originally published on phys.org