Musely se tourne vers un financement alternatif plutôt que vers un tour de table traditionnel

Musely, une société de télémédecine en direct au consommateur axée sur des traitements magistraux pour les soins de la peau, des cheveux et la ménopause, a obtenu plus de 360 millions de dollars en capital non dilutif auprès du Customer Value Fund de General Catalyst, selon TechCrunch. L’opération se distingue sur un marché des start-ups encore dominé par le financement en actions ou la dette classique, car Musely affirme que cette structure lui donne accès à un capital de croissance important sans céder de parts ni contracter un prêt standard porteur d’intérêts.

Le directeur général et cofondateur de l’entreprise, Jack Jia, a confié à TechCrunch qu’il n’avait pas activement recherché de financement externe. Musely, fondée en 2014 comme communauté bien-être avant de pivoter en 2019 vers les soins de la peau sur ordonnance, était déjà rentable en trésorerie depuis plusieurs années, a-t-il indiqué. Cette position financière semble avoir donné à l’entreprise le levier nécessaire pour refuser des offres de capital-risque plus classiques qui auraient dilué la participation des fondateurs.

Musely a plutôt choisi une structure liée au Customer Value Fund, ou CVF, de General Catalyst, conçu pour les entreprises dont les revenus sont prévisibles. Au lieu de prendre des parts de capital, le fonds fournit un capital de croissance remboursé via une part fixe et plafonnée des revenus générés par les efforts de croissance financés. Jia a décrit cet arrangement comme mathématiquement plus intéressant qu’un prêt bancaire et moins coûteux qu’un tour de financement dilutif.

Pourquoi cette structure compte

Ce financement reflète une évolution plus large dans la manière dont certaines entreprises de croissance avancée abordent leur expansion. Pour les start-ups financées par le capital-risque, le mode opératoire classique a longtemps consisté à lever des tours de table de plus en plus importants pour financer l’acquisition de clients, l’expansion commerciale et les recrutements. Mais cette voie peut s’avérer coûteuse pour les fondateurs et les premiers investisseurs lorsque les valorisations sont sous pression ou lorsque l’activité génère déjà un flux de trésorerie significatif.

Le cas Musely met en lumière un modèle alternatif mieux adapté aux entreprises qui savent déjà acquérir et monétiser leurs clients. Si les revenus sont suffisamment stables pour être anticipés, un financement de croissance non dilutif peut permettre de se développer sans remettre à zéro la cap table. C’est particulièrement pertinent dans les activités de santé en direct au consommateur, où les coûts d’acquisition client peuvent être élevés et où des dépenses marketing soutenues sont souvent nécessaires pour maintenir la croissance.

Jia a formulé le problème de manière concrète : une fois qu’une entreprise atteint une certaine taille, elle peut avoir besoin d’un capital nouveau considérable rien que pour continuer à grimper. Pour les marques construites autour de l’acquisition numérique de clients, la croissance rentable est souvent freinée moins par la demande produit que par le coût d’acquisition de nouveaux clients à grande échelle.