Europol fait peser la pression sur les acheteurs de DDoS
Les forces de l’ordre européennes ont ouvert une nouvelle phase dans leur campagne contre les opérations de déni de service distribué à louer, en allant au-delà des démantèlements d’infrastructures pour contacter directement les clients présumés. Dans une action coordonnée annoncée par Europol, les autorités ont indiqué avoir envoyé des courriels et des lettres d’avertissement à plus de 75 000 personnes soupçonnées d’avoir payé des services utilisés pour mettre des sites hors ligne.
L’opération, menée sous la bannière PowerOFF, a également inclus quatre arrestations, 53 saisies de domaines et 24 mandats de perquisition. L’ampleur compte en soi, mais la méthode est peut-être le signal le plus important. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les personnes qui exploitent les services dits booter ou stresser, les enquêteurs utilisent désormais les données de serveurs saisis pour identifier les utilisateurs enregistrés derrière ces attaques.
Cela fait de cette dernière offensive répressive bien plus qu’une simple opération de nettoyage. C’est aussi une campagne de dissuasion visant le côté demande de l’économie du DDoS, où de faibles barrières à l’entrée ont longtemps contribué à maintenir ces services en vie.
Pourquoi les services de DDoS à louer restent difficiles à éradiquer
Les attaques DDoS ne sont pas nouvelles, mais elles restent attractives parce qu’elles sont relativement faciles à lancer et souvent très perturbatrices. Un client n’a pas besoin de compétences avancées en intrusion, de sa propre infrastructure de botnet ou de connaissances techniques approfondies. Moyennant paiement, un service peut offrir la capacité d’inonder une cible de trafic et de saturer les systèmes jusqu’à rendre un site web, une application ou un service en ligne indisponible.
Cette facilité a contribué à la résilience du marché, même si les forces de l’ordre ont à plusieurs reprises démantelé des opérateurs. Europol a indiqué que la dernière action a été rendue possible parce que les autorités ont perquisitionné et saisi des serveurs liés à ces services, donnant aux enquêteurs accès à des registres pouvant servir à identifier les utilisateurs. C’est cette preuve côté serveur qui a permis une campagne de sensibilisation inhabituelle auprès d’un si grand nombre de clients présumés.
La tactique reflète une vérité pratique de la lutte contre la cybercriminalité : l’infrastructure peut être reconstruite, les domaines peuvent être remplacés et les opérateurs peuvent réapparaître sous de nouvelles marques. Mais si la clientèle commence à percevoir ces plateformes comme peu sûres, le modèle économique devient plus difficile à maintenir.



