Un bras de fer sur la réglementation des cendres de charbon toxiques entre dans le débat public

Les défenseurs de l’environnement opposent une forte résistance aux changements fédéraux proposés, qui affaibliraient la manière dont les cendres de charbon sont surveillées et contrôlées aux États-Unis. Lors d’une audience virtuelle de commentaires publics organisée par l’Environmental Protection Agency, les critiques ont soutenu que le plan de l’administration Trump réduirait les protections nationales autour d’un flux de déchets depuis longtemps associé à la contamination des eaux souterraines et à des risques pour la santé publique.

La proposition abrogerait une exigence de 2024, mise en place sous l’administration Biden, qui obligeait les services publics à surveiller les sites de cendres de charbon dans les centrales inactives, selon le rapport fourni. Elle assouplirait aussi les exigences de protection des eaux souterraines et s’appuierait davantage sur les États pour la surveillance et l’application des règles, y compris en leur permettant dans certains cas de contourner les normes nationales.

Ce qui est en jeu

Les cendres de charbon, ou résidus de combustion du charbon, sont le résidu minéral laissé après la combustion du charbon pour produire de l’électricité. Le texte source note qu’elles peuvent contenir des niveaux potentiellement toxiques de mercure, d’arsenic et de plomb, des substances associées à de graves atteintes à la santé, dont le cancer. La réglementation repose donc sur une question fondamentale : qui garantit que ces matières sont suivies, contenues et dépolluées lorsque les centrales ferment ou lorsque les cendres restent stockées sur d’anciens sites ?

La réponse compte parce que la contamination ne disparaît pas lorsqu’une centrale devient inactive. Les déchets peuvent rester en place pendant des années, et les risques pour les eaux souterraines peuvent persister longtemps après l’arrêt de la production d’électricité. C’est pourquoi les critiques se concentrent autant sur la disposition visant les sites inactifs.

Pourquoi les groupes environnementaux s’y opposent

Les opposants soutiennent que transférer davantage de responsabilités aux États et assouplir les exigences fédérales créerait une application inégale et des lacunes plus importantes dans le nettoyage. Lisa Evans, d’Earthjustice, citée dans le rapport, a déclaré que l’administration avait compromis l’approvisionnement en eau potable au profit des pollueurs. Plus largement, les défenseurs de l’environnement avertissent que la règle permettrait aux exploitants de minimiser, retarder ou éviter de traiter les cendres de charbon sur leurs sites.

Le risque n’est pas théorique. Le texte cite une étude de 2022 menée par Earthjustice et d’autres groupes, qui a révélé que plus de 90 % des centrales à charbon aux États-Unis contaminaient les eaux souterraines via les résidus de cendres de charbon. Si ce chiffre est au moins représentatif de la tendance, soutiennent les critiques, un affaiblissement de la surveillance ne serait pas un simple ajustement technique. Il toucherait un problème de contamination généralisé.

L’argument de l’administration

Le directeur de l’EPA, Lee Zeldin, a décrit en avril les changements proposés comme relevant du “bon sens”, selon le rapport, en disant qu’ils restaureraient la domination énergétique américaine, renforceraient le fédéralisme coopératif et prendraient en compte des circonstances particulières dans certaines installations. Ce langage présente le recul comme une flexibilité réglementaire plutôt que comme un retrait environnemental.

Les partisans présents à l’audience publique ont repris cette position. Le rapport note qu’un porte-parole de l’American Coal Ash Association a salué les changements proposés comme la bonne décision. L’argument central est que les règles fédérales sont trop rigides et que les États devraient disposer de plus de marge pour gérer les réalités propres à chaque site.

Un débat classique sur le fédéralisme, mais à forts enjeux sanitaires

D’un côté, il s’agit d’un débat classique de politique environnementale entre normes nationales et discrétion des États. De l’autre, il est plus précis : les matières en cause sont toxiques, la voie de contamination passe souvent par les eaux souterraines et les sites concernés peuvent rester dangereux pendant de longues périodes. Cela accroît les risques de toute faille d’application.

L’audience elle-même montre que le sujet devient un affrontement public sur le risque, la responsabilité et le calendrier du nettoyage. Pour les services publics, des règles plus souples peuvent signifier une charge de conformité immédiate plus faible. Pour les communautés proches des sites de cendres de charbon, la crainte est que les retards et exemptions se traduisent par une exposition prolongée et des voies de recours affaiblies.

La proposition n’est pas encore devenue une politique finale. Mais la réaction lors de l’audience de l’EPA montre clairement que tout recul fera l’objet d’un examen soutenu. Les cendres de charbon peuvent être un sous-produit d’un ancien système énergétique, mais la bataille sur la manière de les nettoyer et avec quelle rigueur reste d’actualité.

Cet article est basé sur un reportage d’Ars Technica. Lire l’article original.

Originally published on arstechnica.com