Une fusion pensée autour du contrôle

L’acquisition prévue d’Aleph Alpha, basée en Allemagne, par Cohere est présentée comme une initiative d’IA souveraine, mais son importance dépasse largement le simple récit de consolidation de startups. L’opération reflète un effort croissant pour construire des systèmes d’IA d’entreprise qui donnent aux clients et aux gouvernements un contrôle plus strict sur les données, l’infrastructure et la dépendance aux fournisseurs.

TechCrunch indique que la transaction bénéficie de l’aval des gouvernements des deux entreprises et vise à créer une alternative pour les sociétés qui ne veulent pas que des charges de travail sensibles transitent par les grands fournisseurs américains de cloud et d’IA. En ce sens, la fusion relève autant du positionnement géopolitique que de la stratégie produit.

Pas une fusion d’égal à égal

Malgré l’habillage coopératif, l’article précise qu’il ne s’agit pas d’une combinaison équilibrée. Cohere, valorisée dernièrement à 6,8 milliards de dollars, dirigera la nouvelle entité dans laquelle Aleph Alpha sera intégrée, sous réserve de l’approbation des actionnaires et des autorités de régulation.

Les conditions financières soulignent ce déséquilibre. Aleph Alpha a été un nom important de l’IA allemande, mais TechCrunch explique qu’elle a généré des revenus relativement faibles tout en affichant des pertes significatives. Cohere, au contraire, a déclaré 240 millions de dollars de revenus récurrents annuels en 2025.

L’écart de revenus aide à comprendre pourquoi les investisseurs semblent prêts à soutenir une valorisation combinée bien plus élevée. Selon Handelsblatt, le term sheet valorise la société fusionnée à environ 20 milliards de dollars, un montant que l’article juge injustifiable sur la seule base du chiffre d’affaires. Le pari est stratégique plus que purement financier : l’échelle, le positionnement politique et l’alignement infrastructurel peuvent compter davantage qu’un compte de résultat isolé.