L’OTAN voit la gouvernance, et non l’offre de données, comme le goulot d’étranglement

L’appareil de renseignement de l’OTAN est confronté à un problème moderne bien connu : le volume et la valeur du renseignement commercial augmentent, mais les règles de partage au sein de l’alliance n’ont pas suivi. S’exprimant au GEOINT Symposium à Aurora, dans le Colorado, le général de division Paul Lynch, adjoint au secrétaire général de l’OTAN pour le renseignement, a déclaré que l’alliance devait remplacer des politiques dépassées qui obligent actuellement les membres à recourir à des dérogations et à des contournements pour transmettre des informations produites commercialement d’un pays à l’autre.

L’avertissement concerne moins la capacité brute de collecte que la plomberie institutionnelle. Les 32 pays de l’OTAN utilisent déjà des données commerciales, mais Lynch a indiqué que l’alliance avait besoin de nouvelles politiques d’usage des données, de guides de classification de sécurité, de cadres contractuels et de règles de communicabilité si elle voulait que le renseignement circule assez vite pour soutenir les décisions militaires dans un environnement de sécurité plus contesté.

L’IA complique un vieux problème d’interopérabilité

Le renseignement commercial est déjà complexe à gouverner. Une fois l’intelligence artificielle intégrée au flux de travail, a soutenu Lynch, le problème devient plus difficile. Il ne s’agit plus seulement de décider qui peut partager quoi. La question devient celle du modèle utilisé, des données d’entraînement qui l’ont façonné, des hypothèses documentées, du seuil de confiance applicable et du contexte dans lequel la sortie peut être considérée comme fiable.

Cette formulation est importante car elle suggère que l’OTAN voit le renseignement généré par l’IA comme un problème de gouvernance autant que technique. Les modèles ne sont pas des boîtes noires interchangeables. Leur provenance d’entraînement, leurs limites et leurs règles de traitement influencent la possibilité d’accepter un résultat dans les systèmes nationaux. Lynch a déclaré qu’il fallait un modèle d’IA commun et une interface commune à l’usage des partenaires commerciaux et nationaux dans toute l’alliance.