Une pause notable dans l'effort de réarmement de l'Europe
L'Italie a décidé de ne pas recourir à la clause dérogatoire nationale de l'Union européenne, s'éloignant ainsi d'un mécanisme qui aurait pu permettre environ 12 milliards d'euros de dépenses de défense supplémentaires sur trois ans sans déclencher les sanctions habituelles du bloc en cas de déficit excessif. La Première ministre Giorgia Meloni a présenté ce choix en termes économiques internes, affirmant que les priorités immédiates du gouvernement sont les coûts de l'énergie et les besoins des citoyens plutôt qu'un nouveau financement militaire par le déficit.
Cette décision est importante, car la clause dérogatoire nationale était largement considérée comme un outil conçu précisément pour des pays comme l'Italie: des gouvernements sous pression pour relever rapidement leurs budgets de défense tout en restant contraints par les règles budgétaires de l'UE. Dans le cadre de ce dispositif, les États membres peuvent ajouter chaque année jusqu'à 1,5 % du PIB en dépenses de défense pendant quatre ans à partir de 2025, sans s'exposer à la sanction habituelle en cas de dépassement des seuils de déficit. Dix-sept États membres, dont l'Allemagne, y ont déjà adhéré.
Pourquoi l'Italie a reculé
Le problème de Rome n'est pas une absence de demande d'investissement dans la défense. L'Italie cherche à se rapprocher des objectifs de dépenses de l'OTAN tout en composant avec un contexte économique plus faible et une pression persistante sur le coût de la vie des ménages. Defense News indique que le gouvernement Meloni avait auparavant plaidé pour un dispositif similaire à la clause dérogatoire nationale et y voyait une voie pour accroître les dépenses militaires. Mais le même article montre clairement qu'une prudence budgétaire interne n'a jamais disparu. Les analystes cités par le média estiment que ces dépenses supplémentaires élargiraient tout de même le déficit italien, même si Bruxelles renonçait aux sanctions formelles, à un moment où Rome donne la priorité à la crédibilité budgétaire, aux prix de l'énergie et à l'inflation.
Cette préoccupation s'est accentuée après la publication de nouveaux chiffres montrant que le déficit annuel de l'Italie atteignait 3,1 %, juste au-dessus de la référence habituelle de 3 % fixée par l'UE. Meloni a alors déclaré que l'Italie n'utiliserait pas cette clause. Le message est clair: même avec davantage de marge accordée par Bruxelles, Rome n'est pas prête à assumer le coût politique et financier d'une image de relâchement budgétaire alors que les électeurs sont focalisés sur le coût de la vie avant les élections nationales de l'an prochain.


