La crise des soins aux personnes âgées et la nécessité d’un nouveau paradigme
Le système mondial de soins aux personnes âgées est soumis à une pression sans précédent. Le vieillissement de la population, la grave pénurie de personnel, la hausse de la prévalence de la démence et le temps limité consacré aux programmes de bien-être individualisés ont créé une crise que l’automatisation incrémentale des soins de santé ne peut résoudre. Les technologies existantes - applications de rappel, détecteurs de chute, assistants vocaux et dispositifs compagnons - ne traitent chacune qu’une seule partie du problème. Un livre blanc d’IEEE Spectrum et de Wiley, sponsorisé par DreamFace Technologies, plaide pour une approche fondamentalement différente : utiliser les sept dimensions du bien-être comme principe organisateur d’une nouvelle catégorie de robot socialement assistif.
Définir les robots de bien-être
Le document distingue les robots de bien-être des dispositifs compagnons, des dispositifs médicaux et des humanoïdes à usage général. Les robots de bien-être sont conçus pour soutenir les sept dimensions ICAA du bien-être : physique, émotionnelle, intellectuelle, sociale, spirituelle, professionnelle et environnementale. Contrairement aux robots compagnons, qui fournissent principalement une interaction sociale, ou aux dispositifs médicaux, qui surveillent des indicateurs de santé, les robots de bien-être favorisent activement le bien-être holistique grâce à l’évaluation, à l’intervention, à l’intelligence sociale et à la coordination des soins.
La Care Robot Autonomy Scale (CRAS)
Pour mesurer et guider le développement de ces robots, le document introduit la Care Robot Autonomy Scale (CRAS), un cadre à six niveaux calqué sur la norme de conduite automatisée SAE J3016. La CRAS mesure l’autonomie selon quatre dimensions du bien-être : l’évaluation, l’intervention, l’intelligence sociale et la coordination des soins. Les six niveaux vont de l’absence d’autonomie (niveau 0) à l’autonomie totale (niveau 5), où le robot exécute toutes les tâches de manière indépendante, sans intervention humaine.
- Niveau 0 : Aucune autonomie ; le robot est entièrement téléopéré.
- Niveau 1 : Aide à une tâche spécifique, comme les rappels de médicaments.
- Niveau 2 : Automatisation partielle de plusieurs tâches avec supervision humaine.
- Niveau 3 : Autonomie conditionnelle ; le robot gère les tâches routinières mais nécessite un appui humain en cas d’exception.
- Niveau 4 : Haute autonomie ; le robot gère de manière autonome la plupart des activités de bien-être dans des environnements définis.
- Niveau 5 : Autonomie totale ; le robot fonctionne dans tous les contextes et toutes les dimensions sans intervention humaine.
Capacités techniques requises
Atteindre des niveaux d’autonomie plus élevés exige des capacités techniques avancées. Celles-ci comprennent le traitement du langage naturel pour l’interaction sociale, la vision par ordinateur pour la reconnaissance des activités, la fusion de capteurs pour la perception de l’environnement et l’apprentissage automatique pour la planification d’interventions personnalisées. Le robot doit également s’intégrer aux systèmes de soins existants, tels que les dossiers de santé électroniques et les plateformes de planification, afin de coordonner les soins de manière fluide.
Preuves cliniques et feuille de route
Le document passe en revue les preuves cliniques recueillies à ce jour, montrant que les robots socialement assistifs peuvent améliorer l’humeur, réduire la solitude et encourager l’activité physique chez les personnes âgées. Cependant, la plupart des systèmes actuels fonctionnent aux niveaux 1 ou 2 de la CRAS. Les auteurs proposent une feuille de route en trois phases vers l’autonomie totale : à court terme (2025–2027), concentration sur des systèmes de niveau 2–3 avec autonomie supervisée ; à moyen terme (2028–2030), développement de systèmes de niveau 4 avec une gestion robuste des exceptions ; et à long terme (début des années 2030), obtention de l’autonomie totale de bien-être au niveau 5.
Implications éducatives
Le livre blanc se termine par des implications pour les opérateurs de soins, les chercheurs, les régulateurs et les développeurs de plateformes robotiques. Les opérateurs de soins doivent être formés à l’intégration des robots dans les routines quotidiennes. Les chercheurs doivent affiner les algorithmes d’intelligence sociale et de personnalisation. Les régulateurs devraient établir des normes de sécurité et d’éthique. Les développeurs doivent créer des plateformes modulaires et interopérables capables d’évoluer avec le cadre CRAS.
À mesure que la crise des soins aux personnes âgées s’aggrave, les robots de bien-être offrent une voie prometteuse. Le cadre CRAS fournit un langage commun pour mesurer les progrès et fixer les attentes. Si l’autonomie totale reste un objectif pour le début des années 2030, le parcours a déjà commencé.
Cet article est basé sur le reportage de content.knowledgehub.wiley.com. Lire l’article original.
Originally published on content.knowledgehub.wiley.com

