Un marché souterrain vise l’un des mécanismes de confiance centraux de la finance numérique
MIT Technology Review rapporte que des escrocs utilisent des outils illicites vendus sur Telegram pour contourner les vérifications d’identité employées par les banques et les plateformes crypto, en particulier les scans faciaux de type “Know Your Customer”, ou KYC. Dans son enquête, la publication a identifié 22 canaux et groupes Telegram publics en chinois, vietnamien et anglais qui annoncent des kits de contournement et des données biométriques volées. Les outils sont présentés comme des moyens de contourner les systèmes de conformité censés confirmer à la fois qu’un compte appartient à une personne réelle et que le visage de l’utilisateur correspond aux documents d’identité initialement fournis.
Les implications sont sérieuses, car les contrôles KYC sont fondamentaux dans la manière dont la finance numérique filtre la fraude, les comptes relais et le blanchiment d’argent. Si ces contrôles peuvent être transformés en produit, vendu ouvertement via des messageries, ce qui ressemble à une couche de sécurité peut de plus en plus fonctionner comme une opportunité de marché pour des spécialistes du crime. L’histoire ne porte pas seulement sur un exploit ingénieux. Elle porte sur une chaîne d’approvisionnement dédiée à l’évasion d’identité.
L’enquête étaye cette inquiétude par un exemple concret. Un escroc opérant depuis un centre de blanchiment d’argent au Cambodge fait la démonstration d’une application bancaire vietnamienne qui demande une photo liée au compte, puis un contrôle de vivacité par vidéo. Au lieu d’utiliser un flux de caméra en direct légitime, l’escroc emploie une image qui ne correspond pas et passe tout de même. Selon l’enquête, cela est possible parce que de nombreux kits de contournement remplacent le flux attendu de la caméra en direct par d’autres vidéos ou images grâce à une technique de caméra virtuelle.


