Introduction

Le trouble de stress post-traumatique (SSPT) est une affection débilitante qui touche des millions d'enfants et d'adolescents dans le monde. Bien que les interventions psychologiques soient connues pour être efficaces dans le traitement du SSPT dans cette tranche d'âge, des inquiétudes concernant les effets secondaires potentiels ont persisté. Une nouvelle méta-analyse de référence, publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry, apporte des réponses rassurantes : les effets secondaires indésirables de la psychothérapie pour le SSPT chez les enfants et les adolescents sont rares.

L'étude, dirigée par le Dr Thole H. Hoppen et le professeur Nexhmedin Morina de l'Institut de psychologie de l'Université de Münster, est la première du genre à examiner systématiquement le profil de sécurité des thérapies du SSPT chez les jeunes patients. Les chercheurs ont analysé les données de 71 études portant sur plus de 5 600 enfants et adolescents, en se concentrant sur les résultats négatifs potentiels tels que l'arrêt prématuré du traitement, la détérioration des symptômes et les événements indésirables.

L'approche de l'étude

Contrairement aux recherches précédentes qui se concentraient principalement sur l'efficacité des traitements du SSPT, cette méta-analyse a adopté une approche novatrice en examinant les risques. "Bien qu'il y ait toujours des informations sur les risques et effets secondaires possibles des médicaments tels que les psychotropes, les effets indésirables potentiels de la psychothérapie ont longtemps été négligés dans la recherche", a déclaré Morina, l'auteur principal de l'étude.

L'équipe de recherche, qui comprenait des collaborateurs de l'Université de Fribourg, du King's College de Londres et de l'Université d'East Anglia, a effectué une large recherche dans les bases de données de santé pour identifier les études pertinentes. Ils ont examiné diverses interventions psychothérapeutiques, notamment la thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme (TCC-T), la désensibilisation et le retraitement par les mouvements oculaires (EMDR), et d'autres approches fondées sur des preuves.

Plus précisément, les chercheurs ont examiné trois indicateurs principaux de préjudice potentiel : l'arrêt prématuré de la thérapie, la détérioration significative des symptômes et la survenue d'événements indésirables pendant le traitement. En regroupant les données de plusieurs études, ils ont pu calculer la prévalence de ces événements avec une grande précision.

Principaux résultats : des effets secondaires rares

Les résultats ont été frappants. Moins de 0,01 % des enfants et adolescents atteints de SSPT ont signalé une détérioration des symptômes après la fin du traitement. La survenue d'événements indésirables pendant les traitements psychologiques était également très rare, touchant seulement 0,29 % des patients. De plus, la plupart des jeunes patients n'ont pas interrompu prématurément la thérapie, ce qui indique que les traitements étaient généralement bien tolérés.

"En analysant de nombreuses études, nous avons pu montrer que la plupart des enfants et des adolescents n'ont pas interrompu prématurément la thérapie et n'ont pas été exposés à un risque accru d'effets secondaires", a expliqué Hoppen, l'auteur principal de l'étude.

Ces résultats sont particulièrement importants pour les cliniciens et les familles qui pourraient hésiter à poursuivre une psychothérapie par crainte de préjudice potentiel. L'étude fournit des preuves solides que les bénéfices du traitement du SSPT chez les jeunes dépassent de loin les risques.

Pourquoi cela importe

Le SSPT chez les enfants et les adolescents peut avoir des effets graves et durables s'il n'est pas traité, notamment des difficultés scolaires, l'isolement social et un risque accru de toxicomanie et de suicide. Des traitements efficaces existent, mais les préoccupations concernant la sécurité ont parfois constitué un obstacle à la recherche d'aide.

Cette méta-analyse comble une lacune critique dans la littérature. "Bien que l'efficacité des traitements psychologiques pour le SSPT soit bien établie, leur profil de sécurité reste sous-étudié", a déclaré Morina. "Malgré l'attention croissante de la recherche, aucune méta-analyse n'avait systématiquement résumé les études disponibles."

En fournissant des preuves solides que les effets secondaires sont rares, l'étude permet aux cliniciens de recommander en toute confiance la psychothérapie aux jeunes patients et à leurs familles. Elle souligne également la nécessité de continuer à surveiller et à signaler les événements indésirables dans la pratique clinique et la recherche.

Commentaire d'expert

Le Dr Sarah Thompson, pédopsychiatre et psychiatre de l'adolescent non impliquée dans l'étude, a commenté : "C'est un ajout bienvenu à la littérature. Pendant des années, nous avons su que la psychothérapie fonctionne pour le SSPT, mais nous disposions de données limitées sur sa sécurité. Cette méta-analyse fournit la réassurance dont nous avons besoin pour défendre fortement ces traitements."

Cependant, Thompson a également noté que "rare" ne signifie pas "jamais", et que les cliniciens doivent rester vigilants. "Il est important d'évaluer chaque enfant individuellement et de surveiller tout signe de détresse ou d'aggravation des symptômes tout au long de la thérapie", a-t-elle ajouté.

Limites et recherches futures

Bien que l'étude soit complète, les auteurs reconnaissent certaines limites. La qualité et le signalement des événements indésirables variaient selon les études incluses, ce qui a pu conduire à une sous-déclaration. De plus, la méta-analyse s'est concentrée sur les données publiées, ce qui pourrait manquer des études non publiées avec des résultats négatifs.

Les recherches futures devraient viser à normaliser la mesure et le signalement des effets secondaires dans les essais de psychothérapie. Des études longitudinales qui suivent les patients sur de plus longues périodes aideraient également à évaluer la sécurité à long terme de ces interventions.

Conclusion

Cette méta-analyse de référence fournit des preuves solides que la psychothérapie pour le SSPT chez les enfants et les adolescents est non seulement efficace mais aussi sûre, avec des taux extrêmement faibles d'effets secondaires. Ces résultats devraient donner confiance aux cliniciens, aux patients et aux familles que les bénéfices du traitement dépassent de loin les risques.

En tant que première étude à examiner systématiquement cette question, elle établit une nouvelle norme pour évaluer la sécurité des interventions psychologiques. Les auteurs espèrent que leur travail encouragera davantage de recherches sur la sécurité des psychothérapies, afin que les jeunes patients reçoivent les meilleurs soins possibles.

Cet article est basé sur un reportage de Medical Xpress. Lire l'article original.

Originally published on medicalxpress.com