Construction and trades workers faced the highest opioid death rates in Ontario
Un nouveau rapport du Ontario Drug Policy Research Network indique que les travailleurs de la construction et des métiers représentaient environ un tiers des décès par toxicité aux opioïdes en Ontario dans les cas où la profession était connue entre 2018 et 2024. L’analyse met en évidence un fort déséquilibre professionnel au sein d’une crise de santé publique plus large, montrant que les dommages liés aux opioïdes n’étaient pas répartis uniformément dans la population active.
Le rapport a examiné les décès par toxicité aux opioïdes en Ontario du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2024, à l’aide de données de santé fondées sur la population provenant d’ICES, l’institut de recherche à but non lucratif qui utilise les données de santé pour étudier les grands problèmes de santé. Les chercheurs ont croisé ces données avec les informations du coroner afin d’évaluer comment les décès par toxicité aux opioïdes variaient selon les secteurs d’activité, notamment les différences de taux de mortalité, l’évolution de ces taux dans le temps et les circonstances entourant les décès.
Sur l’ensemble de la période, l’Ontario a enregistré près de 16 000 décès liés à la toxicité aux opioïdes. Environ 3 500 de ces cas comportaient des informations sur la profession dans le rapport du coroner et ont été utilisés pour l’analyse professionnelle. Dans ce sous-ensemble, la construction et les métiers se sont distingués non seulement par les taux de mortalité les plus élevés, mais aussi par des hausses au cours de la période étudiée.
Un schéma de main-d’œuvre au sein d’une crise de surdose plus large
La conclusion centrale du rapport n’est pas que la toxicité aux opioïdes se limite à un seul type d’emploi. Au contraire, il soutient l’inverse : des personnes exerçant de nombreux types de travail sont touchées, mais pas de la même manière ni avec la même intensité. C’est important, car des stratégies de prévention conçues pour la population générale peuvent passer à côté des risques et des pressions spécifiques présents dans différents lieux de travail.
L’auteure principale, Shaleesa Ledlie, associée de recherche principale au Ontario Drug Policy Research Network basé au St. Michael’s Hospital et à Unity Health Toronto, a déclaré que l’objectif est de comprendre quels groupes sont les plus touchés afin que les réponses puissent être adaptées aux réalités des différents travailleurs et contextes. En pratique, cela signifie que des interventions propres à chaque secteur peuvent être nécessaires plutôt qu’une réponse universelle.
L’étude a révélé que le secteur de la construction et des métiers avait été particulièrement touché. Il affichait les taux de mortalité les plus élevés parmi les groupes professionnels analysés, et ces taux ont fortement augmenté pendant la pandémie de COVID-19 avant de rester élevés. Ce schéma suggère que la pandémie n’a pas été un pic temporaire entièrement inversé après la disparition des perturbations les plus aiguës. Au contraire, la surmortalité a persisté.
Pourquoi les détails professionnels comptent
La profession n’est pas qu’une simple étiquette démographique. Elle peut signaler des différences dans l’exposition aux blessures, l’effort physique, l’insécurité de l’emploi, la culture du lieu de travail, l’accès aux avantages sociaux, les horaires de travail et la facilité ou la difficulté d’accéder aux services de soutien. Le rapport ne propose pas une explication unique à cet écart, mais ses conclusions appuient l’idée que les circonstances entourant les décès par toxicité aux opioïdes sont nuancées et peuvent différer sensiblement d’un secteur à l’autre.
Cela est important pour les politiques et la planification de la santé au travail. Si un groupe est surreprésenté dans les décès par toxicité aux opioïdes, les employeurs, les syndicats, les agences de santé publique et les décideurs provinciaux devront peut-être envisager des mesures de réduction des risques et de soutien plus ciblées. Celles-ci pourraient comprendre de la formation en milieu de travail, un meilleur accès aux soins et aux services de santé, ou des approches conçues pour les travailleurs dont les horaires et les chantiers rendent les parcours de soins habituels plus difficiles à utiliser. Le rapport lui-même souligne la nécessité de réponses adaptées aux besoins de personnes et de lieux de travail spécifiques.
Les données ontariennes mettent également en lumière un défi de base en matière de surveillance des surdoses : la profession n’était connue que pour une partie du nombre total de décès. Sur près de 16 000 décès liés à la toxicité aux opioïdes durant la période étudiée, environ 3 500 comportaient une profession consignée dans le rapport du coroner et ont pu être inclus dans cette analyse. Cela signifie que le portrait professionnel est informatif, mais incomplet, et qu’une meilleure collecte de données pourrait améliorer les futures efforts de prévention.
La construction, les métiers et l’exploitation minière restent préoccupants
En plus de la construction et des métiers, le rapport signale des taux de mortalité liés aux opioïdes particulièrement élevés dans des secteurs comme la construction, les métiers et l’exploitation minière. L’inclusion de ces secteurs renvoie à un groupe plus large d’emplois à risque élevé plutôt qu’à un problème isolé touchant une seule catégorie professionnelle. Ce qui les relie dans le rapport n’est pas un travail identique, mais une mortalité élevée et une tendance qui s’est nettement aggravée pendant la pandémie.
Pour les employeurs et les décideurs, cette constatation déplace la conversation de la sensibilisation générale vers la responsabilité au niveau sectoriel. Une urgence provinciale liée aux surdoses peut malgré tout contenir des points de vulnérabilité concentrés, et ces concentrations peuvent nécessiter des interventions ciblées là où les travailleurs passent réellement leur temps. Dans les secteurs aux chantiers dispersés, au travail contractuel et aux conditions physiquement exigeantes, les messages de santé classiques peuvent ne pas suffire.
Le rapport paraît alors que la toxicité aux opioïdes continue de façonner les débats sur la politique de santé au Canada. En isolant des schémas liés au milieu de travail, il ajoute un niveau de précision susceptible d’influencer l’orientation des ressources. Plutôt que de considérer tous les travailleurs comme également exposés, les données suggèrent que certains secteurs devraient être considérés comme des priorités en matière de prévention et de soutien.
Ce que les résultats changent
La contribution la plus importante du rapport est pratique : il recadre les décès par toxicité aux opioïdes comme un problème de santé publique lié au lieu de travail, ainsi que comme une crise touchant l’ensemble de la population. Cela ne signifie pas que le travail explique à lui seul les décès. Cela signifie que le contexte professionnel peut influencer le risque, l’accès au soutien et la manière dont les mesures de prévention devraient être mises en œuvre.
Pour l’Ontario, l’implication immédiate est que les travailleurs de la construction et des métiers devraient être au cœur de toute réponse ciblée fondée sur des données professionnelles. Plus largement, ces résultats renforcent l’idée de concevoir des interventions qui tiennent compte des réalités de secteurs précis plutôt que de supposer que tous les travailleurs vivent la crise de la même façon.
Avec des taux de mortalité en hausse dans la construction et les métiers pendant la période étudiée et demeurant élevés après le pic de la pandémie, l’avertissement du rapport est clair. La crise des surdoses touche toutes les composantes de la société, mais certains groupes en portent une plus grande part. Comprendre cette répartition est vraisemblablement un préalable à sa réduction.
Cet article est basé sur un reportage de Medical Xpress. Lire l’article original.
Originally published on medicalxpress.com







