Le fardeau des maladies inflammatoires de l’intestin dépasse les poussées

Une nouvelle revue de la littérature affine la compréhension de l’ampleur avec laquelle les maladies inflammatoires de l’intestin peuvent affecter la vie quotidienne. Selon une revue systématique et une méta-analyse publiées dans Inflammatory Bowel Diseases, un handicap modéré à sévère touche 29,6 % des patients atteints de MICI, ce qui souligne que l’impact de la maladie va bien au-delà des symptômes apparaissant lors des poussées évidentes.

L’analyse, menée par des chercheurs dont Olga Maria Nardone, de l’université de Naples Federico II, a regroupé les résultats de 17 études portant sur 7 897 patients dans 17 pays. Le résultat combiné suggère que près d’une personne sur trois vivant avec une MICI présente un handicap suffisamment important pour altérer de manière notable le fonctionnement normal.

Cela compte, car les MICI, qui incluent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sont souvent décrites en termes d’inflammation, de douleur et de symptômes gastro-intestinaux. Cette nouvelle revue met plutôt l’accent sur le handicap comme résultat à part entière, susceptible de persister dans le travail, la mobilité, la vie sociale et la qualité de vie globale.

La maladie active entraîne les taux de handicap les plus élevés

Le signal le plus net de la revue est la relation entre activité de la maladie et gravité du handicap. Chez les patients atteints de MICI actives, la prévalence combinée d’un handicap modéré à sévère était de 56,9 %. Chez ceux dont la maladie était inactive, elle était de 27,0 %.

Dans trois des études incluses dans l’analyse, la maladie active était associée à plus de trois fois les chances de présenter un handicap modéré à sévère, avec un rapport de cotes de 3,13. Il s’agit d’une différence importante, qui renforce un constat souvent rapporté de manière anecdotique par les cliniciens et les patients : lorsque les MICI sont actives, leurs effets peuvent se répercuter sur plusieurs aspects de la vie d’une personne.

Pour autant, la donnée en rémission est peut-être tout aussi importante. Une prévalence du handicap de 27,0 % chez les patients dont la maladie est inactive suggère que le contrôle des symptômes n’efface pas nécessairement la charge fonctionnelle à long terme de la maladie. Les auteurs de la revue estiment que cela plaide pour une évaluation plus large et plus systématique du handicap en pratique clinique, et pas seulement lors des épisodes aigus.

Cette implication peut influencer la manière dont les équipes soignantes envisagent les résultats. Un patient dont l’inflammation est techniquement contrôlée peut malgré tout souffrir de fatigue, de limitations professionnelles ou d’autres difficultés persistantes. Les nouveaux résultats suggèrent que ces problèmes ne doivent pas être considérés comme secondaires.