Les Philippines préparent un nouveau grand cycle d’approvisionnement en énergie propre

Le département de l’Énergie des Philippines avance avec le septième appel d’offres pour l’énergie verte du pays, un nouveau cycle d’approvisionnement qui couvrira des projets solaires sur toiture, au sol et flottants. Selon PV Magazine, le gouvernement prévoit de publier les termes de référence de l’appel d’offres au cours du deuxième trimestre de 2026, offrant ainsi aux développeurs les directives officielles pour participer.

Cette annonce est importante car elle signale le maintien du recours aux achats concurrentiels comme outil central de la transition énergétique du pays. Les appels d’offres ne servent pas seulement à répartir la capacité des projets. Ils orientent aussi les flux d’investissement, les technologies qui progressent le plus vite et la manière dont les décideurs équilibrent les objectifs nationaux de déploiement avec les priorités régionales du réseau.

Mindanao doit recevoir une part beaucoup plus importante de capacité

L’élément le plus notable de cette nouvelle phase est l’accent régional mis sur Mindanao. PV Magazine a indiqué que, si l’appel d’offres offrira de la capacité à l’échelle nationale, il comprendra une “allocation stratégique et nettement accrue” pour le sud des Philippines. Le volume attendu y serait environ cinq fois supérieur à celui proposé lors des précédents appels d’offres.

Cette hausse suggère que le département de l’Énergie n’utilise pas seulement l’appel d’offres pour accroître la capacité renouvelable globale, mais aussi pour orienter le développement vers des besoins spécifiques du système. Une allocation plus importante pour Mindanao indique un effort délibéré pour modifier la répartition géographique du déploiement solaire, plutôt que d’ajouter simplement davantage de projets là où ils sont les plus faciles à construire.

En pratique, cela compte à la fois pour la planification du réseau et pour le comportement des investisseurs. Les développeurs réagissent généralement rapidement à une politique claire lorsqu’elle est liée à des opportunités d’approvisionnement définies. Une allocation régionale plus importante envoie un signal plus fort pour l’acquisition foncière, le développement de projets, la planification du raccordement et la formation de partenariats dans la zone ciblée.

Le mix technologique montre comment la politique s’élargit

GEA-7 couvrira trois catégories solaires : toiture, au sol et flottant. Ce mix est important car il répartit les opportunités entre différentes échelles de projet et conditions d’implantation. Les projets sur toiture peuvent soutenir un déploiement plus distribué, les projets au sol restent l’épine dorsale du déploiement à grande échelle, et le solaire flottant ouvre une voie supplémentaire dans des environnements où l’espace manque ou à proximité de l’eau.

La composante solaire flottante est particulièrement notable, car PV Magazine a indiqué qu’elle devrait intégrer des capacités non souscrites du quatrième appel d’offres pour l’énergie verte, clos en novembre. Cela montre que le département de l’Énergie ne passe pas simplement d’un appel d’offres au suivant de manière isolée. Il cherche aussi à recycler les capacités non attribuées et à éviter que l’élan politique ne s’essouffle lorsque des capacités restent disponibles après les précédents cycles.

Ce type d’ajustement est souvent le signe d’un apprentissage institutionnel. Les programmes d’achat d’énergies renouvelables fonctionnent rarement parfaitement dès leurs premières itérations. Avec le temps, les gouvernements affinent la conception des appels d’offres, les quotas par technologie et l’équilibre régional en fonction de la réaction des développeurs et des besoins du système. GEA-7 semble s’inscrire dans ce schéma d’expansion progressive.

Pourquoi cet appel d’offres compte au-delà d’un seul cycle d’approvisionnement

L’importance du septième appel d’offres tient en partie à sa continuité. La répétition des cycles peut réduire l’incertitude pour les développeurs et les investisseurs en montrant que le déploiement des énergies propres repose sur un mécanisme politique stable plutôt que sur des annonces ponctuelles. Plus l’environnement d’approvisionnement devient prévisible, plus il est facile pour les chaînes d’approvisionnement, les financeurs et les portefeuilles de projets de s’organiser autour de lui.

Pour les Philippines, cela compte parce que la transition énergétique ne consiste pas seulement à installer des actifs renouvelables. Elle consiste aussi à instaurer la confiance dans la capacité des projets à passer de la politique à l’exécution à travers plusieurs cycles. Un septième appel d’offres envoie le message que l’achat d’énergie solaire est en train de s’intégrer dans le cadre de planification électrique du pays.

La portée nationale renforce ce message, mais l’augmentation ciblée pour Mindanao montre que les décideurs cherchent à faire plus que répéter le passé. Ils ajustent le poids régional du programme et sa composition technologique. C’est ce qui transforme une annonce d’approvisionnement en signal politique.

Les développeurs disposent désormais d’une première fenêtre sur les priorités du marché en 2026

Le département de l’Énergie n’a pas encore publié les termes de référence complets, et ces détails détermineront l’attractivité pratique de l’appel d’offres. Les règles d’éligibilité, la conception tarifaire, la structure contractuelle, les délais des projets et les conditions de raccordement peuvent tous influer sur le nombre d’offres et sur les types de développeurs les mieux placés pour concourir.

Néanmoins, l’aperçu initial donne déjà au marché une lecture utile des priorités du gouvernement. Le solaire reste central. Le solaire flottant est prolongé avec une capacité supplémentaire. Mindanao est élevé au rang de priorité stratégique. Et le mécanisme pour mettre tout cela en œuvre reste le système d’appels d’offres, plutôt qu’une approche politique plus souple et moins structurée.

Cette combinaison est susceptible d’importer autant pour les acteurs nationaux qu’internationaux. Les développeurs qui regardent l’Asie du Sud-Est jugent souvent les marchés autant par la clarté des voies d’approvisionnement que par la croissance de la demande elle-même. En confirmant un septième appel d’offres et en en dévoilant la structure, les Philippines donnent au secteur une indication claire qu’elles entendent toujours rivaliser pour les investissements dans les énergies renouvelables.

Le message général est simple : le pays ne considère pas l’expansion solaire comme un chapitre clos. Il ajuste activement son modèle d’approvisionnement pour lancer une nouvelle vague de projets et orienter davantage ce déploiement vers les zones qu’il juge stratégiquement importantes. Si les termes finaux de l’appel d’offres correspondent à cette ambition, GEA-7 pourrait devenir l’une des mesures les plus marquantes de politique renouvelable sur le marché philippin cette année.

Cet article s’appuie sur un reportage de PV Magazine. Lire l’article original.

Originally published on pv-magazine.com