La Nouvelle-Galles du Sud relance un vaste déploiement piloté par l’État

La Nouvelle-Galles du Sud a ouvert l’appel d’offres 8, le plus important à ce jour pour les énergies renouvelables, en sollicitant des propositions pour 2,5 gigawatts de nouvelles infrastructures dans le cadre de la Electricity Infrastructure Roadmap de l’État. Cette initiative signale une nouvelle poussée, au niveau de l’État, pour accroître la capacité de production à l’approche des retraits des centrales à charbon, alors que la planification du système énergétique passe de la pause à l’exécution.

Selon Energy Monitor, la capacité visée dans cette série pourrait alimenter environ un tiers des foyers de l’État. Elle devrait aussi permettre à la Nouvelle-Galles du Sud d’atteindre jusqu’à 90 % de son objectif 2030 de 12 GW de production renouvelable. Parallèlement, l’État a annoncé l’appel d’offres 9 avec un objectif indicatif allant jusqu’à 12 gigawattheures de capacité de stockage de longue durée.

Pris ensemble, ces deux processus montrent que l’État ne considère plus la production renouvelable et le stockage comme des enjeux stratégiques séparés. Il cherche à développer simultanément les deux versants du système : de nouvelles productions propres pour remplacer des actifs thermiques vieillissants, et du stockage de longue durée pour stabiliser la production et renforcer la fiabilité.

Pourquoi l’appel d’offres 8 est important

La taille de l’appel d’offres compte, mais son calendrier pourrait compter encore davantage. Les appels d’offres de production avaient été suspendus pendant que des projets cherchaient à accéder au Capacity Investment Scheme du gouvernement fédéral australien. Selon AusEnergy Service, le Consumer Trustee qui gère l’appel d’offres 8, cette nouvelle séquence marque un recentrage sur la propre feuille de route de l’État à mesure que l’allocation fédérale dans le cadre de ce dispositif approche de son achèvement.

Ce changement a une portée politique. Il suggère que la Nouvelle-Galles du Sud réaffirme son propre cadre d’approvisionnement au lieu d’attendre que les programmes fédéraux portent l’intégralité de l’effort d’investissement. Pour les développeurs, cela peut créer une voie plus claire au niveau de l’État. Pour le réseau, cela traduit une urgence à aligner les capacités de remplacement avant que les conditions de marché ne se resserrent davantage.

L’État répond aussi à une préoccupation concrète : l’évolution des besoins du marché et les retraits attendus des centrales à charbon. À mesure que les installations à charbon historiques quittent le système, la planification du remplacement relève moins d’une ambition de long terme que d’un problème de séquencement. La question n’est pas de savoir s’il faut ajouter de la capacité, mais si elle peut être ajoutée à temps, avec le bon mix de production et de stockage.

Un nouveau modèle contractuel hybride

L’une des caractéristiques les plus remarquables du nouveau processus est l’introduction d’un Hybrid Generation Long-Term Energy Service Agreement, présenté comme une première en Nouvelle-Galles du Sud. Cette nouvelle structure permet aux développeurs de projets de combiner production renouvelable, comme l’éolien ou le solaire, avec du stockage par batteries sur un même site.

Cette conception hybride répond à l’une des faiblesses persistantes des énergies renouvelables variables : la production ne coïncide pas toujours avec la demande. En associant production et stockage dans un même dispositif, l’État encourage des projets capables de déplacer la fourniture d’électricité avec davantage de flexibilité vers les périodes de forte demande ou de plus faible production renouvelable.

En pratique, cela pourrait améliorer l’utilité pour le réseau plutôt que d’ajouter seulement des mégawatts en titre. Un mégawatt de production associé au stockage a souvent une valeur opérationnelle supérieure à un mégawatt qui ne peut produire que lorsque la ressource est disponible et que le réseau est prêt à l’absorber.

Pour les développeurs, ce cadre hybride pourrait aussi ouvrir des modèles de projet plus bancables en offrant une voie plus claire pour monétiser à la fois la production et le stockage sur un même site.

Le stockage passe au centre

L’appel d’offres 9 confirme à quel point le stockage est devenu central dans la planification énergétique. L’objectif indicatif de l’État, allant jusqu’à 12 GWh de stockage de longue durée, dépasserait les objectifs précédents pour 2030 et 2034, selon le rapport. Les technologies éligibles incluent les batteries à grande échelle et le pompage-turbinage capables de fournir de l’énergie pendant au moins huit heures.

Les accords de stockage de longue durée prévoient des paiements annuités plafonnés pour soutenir les modèles économiques des projets. C’est important, car l’économie du stockage reste souvent difficile sans visibilité sur les revenus, en particulier pour des actifs censés apporter de la valeur au système sur des durées de décharge plus longues, et pas seulement via l’arbitrage de fréquence ou de courte durée.

Le message général est clair : la Nouvelle-Galles du Sud ne cherche pas seulement à acheter de l’électricité renouvelable, elle cherche à acquérir des capacités système. Le stockage de longue durée peut réduire les écrêtages, couvrir les pics de demande du soir et amortir les variations d’approvisionnement à mesure que davantage de renouvelables variables entrent dans le mix.

Le défi de l’investissement et de la réalisation

L’ambition de ces appels d’offres n’élimine pas le risque d’exécution. Energy Monitor note que les projets cherchant un soutien à la production doivent atteindre la décision finale d’investissement et tenir compte des besoins de renforcement du réseau ainsi que des risques d’intégration. Ces réserves sont importantes, car les grands programmes renouvelables peuvent être ralentis non par manque d’intérêt, mais par des goulets d’étranglement du transport, des retards de raccordement, la complexité des autorisations et le calendrier de construction.

Autrement dit, le succès de l’appel d’offres 8 dépendra de bien plus que de la capacité annoncée. Il dépendra de la capacité des projets retenus à avancer en matière de financement, d’ingénierie et de raccordement sans retards majeurs. L’intégration du stockage peut aider, mais elle ajoute aussi de la complexité à la conception et à la passation des marchés.

Néanmoins, cette structure d’appel d’offres reflète une phase plus mûre de la transition. Plutôt que de poursuivre des ajouts isolés d’énergie propre, l’État construit un portefeuille conçu pour répondre simultanément aux besoins de fiabilité, à l’évolution du marché et à la sortie du charbon.

La ministre du changement climatique et de l’énergie de NSW, Penny Sharpe, a déclaré que l’appel d’offres 8 à lui seul fournirait assez d’énergie pour alimenter environ un tiers des foyers de l’État. C’est le message politique. La portée plus profonde est que la Nouvelle-Galles du Sud tente de transformer les objectifs de transition énergétique en infrastructures contractualisées à grande échelle.

Si l’approvisionnement se déroule bien, l’État aura renforcé à la fois son pipeline renouvelable et sa position dans le stockage de longue durée. S’il échoue, la pression créée par le retrait des actifs charbonniers ne fera que s’intensifier. Pour l’instant, l’appel d’offres 8 constitue l’un des signaux les plus clairs que l’État passe de la planification à une phase de déploiement plus vaste et plus intégrée.

Cet article s’appuie sur un reportage d’Energy Monitor. Lire l’article original.

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