Une forte croissance trimestrielle du solaire, mais pas assez pour les objectifs annuels

L’Italie a ajouté 1 439 MW de nouvelle capacité photovoltaïque au premier trimestre 2026, portant la capacité solaire installée cumulée à 44 952 MW sur plus de 2,2 millions de systèmes raccordés, selon les chiffres publiés par Italia Solare. En apparence, il s’agit d’un résultat trimestriel important. Mais le message sous-jacent du groupe sectoriel est plus prudent : le pays ne déploie toujours pas assez vite pour atteindre les 6 GW à 7 GW de nouvelle capacité solaire par an qu’il juge nécessaires.

Italia Solare a indiqué que le trimestre avait commencé par un ralentissement en janvier, surtout pour les systèmes de plus de 1 MW, avant une reprise des installations entre février et mars. Même avec ce rebond, l’association a estimé que le rythme reste inférieur à ce que l’Italie devrait soutenir sur une base annuelle si elle veut que le déploiement solaire accompagne ses ambitions énergétiques plus larges.

Cela crée une tension familière sur les marchés européens de l’énergie propre. Une croissance absolue peut sembler impressionnante tout en restant en deçà de l’échelle requise par les objectifs politiques, les besoins d’électrification et les plans de décarbonation industrielle. Les chiffres italiens du premier trimestre s’inscrivent très clairement dans ce schéma.

Le chiffre phare masque une forte divergence entre segments de marché

Le détail le plus important du communiqué n’est pas la capacité totale, mais l’origine de la croissance, et ce qu’elle ne couvre pas. Le segment résidentiel, qui comprend les systèmes de moins de 20 kW, a reculé de 13% sur un an au premier trimestre. Le segment utility-scale a également baissé, de 9% sur la même période. En revanche, le segment commercial et industriel, défini comme les systèmes de 20 kW à 1 MW, a progressé de 24% sur un an.

Ce basculement suggère que le marché solaire italien se rééquilibre. Au lieu de dépendre principalement des toitures résidentielles ou de très grandes installations utility-scale, l’élan actuel est davantage porté par les entreprises et les industriels. Au premier trimestre, le secteur résidentiel a contribué à hauteur de 313 MW, tandis que le segment C&I a ajouté 566 MW.

Cela compte, car chaque segment répond à des incitations politiques, à des conditions de financement et à des contraintes réseau différentes. Les ralentissements résidentiels peuvent refléter des changements de subventions, une demande des consommateurs plus faible ou des frictions de financement. La faiblesse du développement utility-scale peut signaler des retards de permis, des goulets d’étranglement réseau ou une incertitude sur les achats. La croissance du C&I, à l’inverse, traduit souvent le fait que les entreprises voient toujours une solide logique économique dans l’autoproduction, la maîtrise des coûts de l’électricité ou les engagements de décarbonation.