Contexte et urgence
Le 4 mars 2026, la Commission européenne a proposé la loi sur l'accélérateur industriel (IAA), visant à porter la fabrication industrielle à 20 % du PIB de l'UE d'ici 2035 et à introduire des exigences « Fabriqué dans l'UE » pour le soutien public aux technologies stratégiques nettes zéro. Cela s'appuie sur la loi sur l'industrie nette zéro, qui exige que d'ici 2030, la capacité de fabrication nationale de l'UE en technologies propres stratégiques couvre au moins 40 % des besoins annuels de déploiement de l'UE. La Commission devrait lancer le plan d'action pour l'électrification le 15 juillet 2026, en réponse à la crise énergétique déclenchée par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz. Ce plan vise à accélérer l'électrification des transports, du chauffage et de l'industrie afin de réduire l'exposition de l'Europe aux futurs chocs énergétiques.
L'opportunité commerciale
La poussée vers l'électrification représente une énorme opportunité commerciale pour développer les chaînes de valeur des technologies d'électrification en Europe. Cependant, cela ne se concrétisera que si les bons types de soutien public et d'outils de réduction des risques sont en place. Une lettre ouverte de Transport & Environment (T&E), des constructeurs automobiles, des développeurs de projets, des investisseurs, des organisations de la société civile et des associations industrielles salue l'initiative mais appelle la Commission à modifier le cadre des aides d'État du pacte vert pour l'industrie (CISAF), en particulier l'article 6.2 sur la capacité de fabrication de technologies propres.
Limitations actuelles du cadre des aides d'État
Les signataires soutiennent que les ambitions du pacte vert pour l'industrie, de l'IAA et du plan d'action pour l'électrification ne peuvent être réalisées dans le cadre actuel des aides d'État. Ils soulignent la nécessité de rendre l'aide à la fabrication véritablement bancable. La bancabilité permet à une entreprise d'obtenir des investissements privés et des dettes, en tirant parti de la réduction des risques publics incluse dans son modèle financier au moment de l'investissement. C'est une condition préalable stricte pour obtenir un véritable effet d'incitation et attirer des capitaux privés. Cela nécessite que les niveaux de subvention soient connus ex ante via des critères objectifs, que les conditions restent sous le contrôle du bénéficiaire et que le cadre juridique soit stable. Sans cela, l'aide peut être décaissée, mais son ratio de levier entre argent privé et public sera fortement réduit.
Nécessité d'un soutien opérationnel
De plus, l'aide doit non seulement soutenir l'investissement initial, mais aussi soutenir financièrement les entreprises dans les premières années d'exploitation, alors qu'elles font face à une concurrence rude et parfois déloyale. La Commission a déjà fourni une aide bancable dans plusieurs domaines, comme les contrats d'écart compensatoire bilatéraux pour les énergies renouvelables, mais des mécanismes similaires sont nécessaires pour la fabrication de technologies propres.
Appel à l'action
Les signataires exhortent la Commission à profiter du prochain plan d'action pour l'électrification pour modifier le CISAF et garantir que les aides d'État à la fabrication de technologies propres soient bancables. Cela débloquera les investissements privés, augmentera la production et aidera l'UE à atteindre ses objectifs d'électrification tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles et en renforçant la sécurité énergétique.
Cet article est basé sur un reportage de CleanTechnica. Lire l'article original.
Originally published on cleantechnica.com


