La Colombie donne au stockage d’énergie une base politique
La Colombie a publié un nouveau décret qui établit des lignes directrices de politique publique pour intégrer les systèmes de stockage d’énergie à la fois dans son Système interconnecté national et dans ses zones non interconnectées. Cette mesure est importante car elle donne au stockage un rôle institutionnel plus clair dans un système électrique confronté à des parts croissantes d’énergies renouvelables variables et aux défis opérationnels qui en découlent.
La mesure, le décret 0393, fait davantage que reconnaître le stockage comme une infrastructure utile. Elle fixe des critères de déploiement, autorise les systèmes de stockage à participer aux marchés de l’électricité et crée la base de politique publique pour leur rémunération. Cette combinaison est importante. Les projets de stockage dépendent souvent non seulement d’une reconnaissance technique, mais aussi d’une structure de marché qui définit quels services ils peuvent fournir et comment ces services seront rémunérés.
Ce que le décret permet au stockage de faire
Selon le texte source fourni, la réglementation colombienne reconnaît les systèmes de stockage d’énergie comme des actifs capables de fournir plusieurs services sur l’ensemble du réseau. Ces services comprennent la régulation primaire et secondaire de la fréquence, le soutien de tension, la réserve d’énergie, la capacité de démarrage noir, la gestion de la demande et le soulagement des congestions dans les réseaux de transport et de distribution.
Cette liste étendue reflète l’évolution du stockage, passé d’un outil de stabilisation de niche à un élément flexible de l’infrastructure réseau. En pratique, les batteries et d’autres technologies de stockage peuvent aider à stabiliser la fréquence du système, à soutenir la fiabilité après des perturbations et à déplacer l’électricité des périodes de faible demande vers les heures de pointe, lorsqu’elle a davantage de valeur ou qu’elle est plus urgente.
Le décret autorise également explicitement le déplacement temporel de l’énergie. Cela signifie que l’électricité peut être stockée lorsque la demande est faible, puis injectée plus tard lorsque la demande est élevée. Dans les systèmes où la production solaire et éolienne se développe, cette fonction peut devenir centrale pour la planification du réseau, car elle aide à aligner l’offre intermittente sur les schémas de consommation.
Pourquoi ce changement de politique compte maintenant
Cette politique intervient dans un contexte de pénétration croissante des énergies renouvelables, que la source identifie comme l’une des raisons d’être de ce nouveau cadre. À mesure que davantage de production variable entre dans le système, les exploitants du réseau ont besoin d’outils capables de réagir rapidement aux déséquilibres, d’atténuer les fluctuations et de réduire la pression sur l’infrastructure du réseau.
La démarche de la Colombie est notable car elle commence à faire passer le stockage du statut d’idée auxiliaire à celui d’acteur reconnu du marché. C’est une transition importante. Lorsque la réglementation définit le stockage comme un actif assurant plusieurs fonctions systémiques, il devient plus facile d’élaborer des règles de planification, des mécanismes de compensation et des dossiers d’investissement autour de lui.
Le décret couvre également les zones non interconnectées, et pas seulement le réseau principal interconnecté. Cela peut être particulièrement important pour les régions où l’infrastructure conventionnelle est plus fragile ou où la résilience locale et les capacités de secours peuvent avoir une valeur disproportionnée. Le texte source ne donne pas de détails techniques sur la priorisation de ces zones, mais leur inclusion suggère une ambition de politique nationale, et non un cadre limité au réseau central.
La prochaine étape est la conception du marché
La mise en œuvre sera pilotée par la Commission de régulation de l’énergie et du gaz, ou CREG. En vertu du décret, la CREG est chargée de définir les mécanismes précis de rémunération, les règles d’exploitation et les cadres de participation au marché pour les systèmes de stockage.
Cette prochaine phase déterminera à quel point le décret sera transformateur dans la pratique. La reconnaissance par les pouvoirs publics est une étape; des règles de marché utilisables en sont une autre. Les développeurs, les services publics et les exploitants du système observeront la manière dont la rémunération sera structurée et si le stockage pourra cumuler plusieurs sources de revenus liées aux différents services réseau qu’il peut fournir.
Le texte source montre clairement que le décret établit une base, et non un régime opérationnel entièrement détaillé. En d’autres termes, le gouvernement a créé l’architecture politique, tandis que le régulateur doit maintenant traduire cette architecture en règles applicables.
Un signal plus large pour la région
Même dans la forme limitée décrite par le matériel fourni, le décret envoie un signal plus large sur la manière dont les systèmes électriques d’Amérique latine s’adaptent à des mix de production plus propres mais aussi plus variables. Le stockage est de plus en plus traité non comme un ajout marginal, mais comme une infrastructure capable de servir en même temps la fiabilité, la flexibilité et l’efficacité du marché.
Pour la Colombie, cela signifie que le stockage est désormais formellement lié à plusieurs besoins essentiels du système électrique: l’équilibrage, le secours, le soutien du réseau et la gestion des pointes. Le décret ne répond pas à toutes les questions, mais il réduit l’une des plus grandes sources d’incertitude pour les marchés émergents du stockage: savoir si la technologie est pleinement reconnue dans la politique publique et s’il existe une voie de rémunération.
Cela compte pour les investisseurs et les exploitants, car l’incertitude autour des revenus et de la classification a souvent ralenti le déploiement, même lorsque l’intérêt technique du stockage est solide. En définissant explicitement les services de stockage et en confiant au régulateur la responsabilité des règles détaillées du marché, la Colombie a fait un pas vers la transformation du potentiel technique en infrastructure bancable.
L’importance de la mesure tient donc moins à une annonce de projet unique qu’à la préparation institutionnelle. Le décret 0393 présente le stockage comme un actif à rôles multiples au sein du système électrique national et demande aux régulateurs de construire les règles commerciales autour de cette réalité. Si ces règles de suivi sont robustes, la Colombie pourrait passer de la discussion sur la valeur du stockage à son approvisionnement systématique.
Cet article s’appuie sur un reportage de PV Magazine. Lire l’article original.
Originally published on pv-magazine.com




