Les alertes d’exposition numériques ne constituent pas une réponse universelle en santé publique

L’une des habitudes persistantes de l’ère technologique post-Covid consiste à supposer qu’un problème autrefois traité par une application doit toujours être traité par une application. Une nouvelle discussion autour d’une exposition à l’hantavirus sur un navire de croisière montre les limites de cette idée. Après la mort de trois personnes sur un navire touché par l’hantavirus, les autorités ont commencé à chercher activement 29 personnes qui avaient déjà quitté le navire. La tâche est mondiale, laborieuse et urgente. Elle ressemble aussi, à première vue, au genre de situation pour laquelle le traçage numérique des contacts a été conçu.

Mais les experts interrogés par WIRED affirment que c’est précisément le type d’épidémie pour lequel le traçage par application est le moins utile. Emily Gurley, épidémiologiste à l’université Johns Hopkins, a déclaré qu’il n’y a pas d’utilité aux applications dans cette épidémie d’hantavirus, car le nombre de cas est faible et que les responsables doivent retracer tous les contacts avec exactitude pour arrêter la transmission. Cette affirmation corrige utilement l’idée répandue selon laquelle collecter davantage de données produit automatiquement une meilleure gestion des flambées.

La réponse de santé publique dépend de l’adéquation des outils à la forme du problème. La pandémie de Covid a créé un environnement dans lequel l’enregistrement automatique et massif de proximité paraissait attrayant parce que les infections étaient nombreuses, les contacts multiples et les systèmes de santé publique mis sous tension par l’ampleur. Dans ce contexte, même des alertes imparfaites pouvaient aider à identifier des populations potentiellement exposées et encourager l’auto-isolement. Une petite flambée liée à un cadre précis est un problème différent.